vendredi 20 mars 2015

Vieillir ensemble… Jusqu’à ce que la mort nous sépare!

Mimi et moi, il y a de cela plusieurs années!


On m’a souvent demandé pourquoi je gardais un vieux cheval qui me coûtait beaucoup d’argent et qui ne me « servait à rien ».
Pour ceux qui ne savent pas, Mimi a 28 ans (29 en mai) et elle demande des soins particuliers. Elle fait des réactions allergiques plutôt sévères aux mouches en été, elle a, périodiquement, des crises d’arthrite et pour finir, elle a de l’emphysème (par crise également)… Le tout se contrôlant très bien, mais avec les soins adéquats évidemment!
Vous êtes maintenant en connaissance de cause. Je tiens à vous assurer que sa qualité de
vie est bonne, je ne laisserais pas souffrir un animal inutilement.
Retournons à nos moutons… Ce type de question me fait réfléchir à une réponse… Car ce genre de question ne s’était jamais illustré dans mon esprit avant qu’on m’en parle. Pour me comprendre, il faut se mettre à ma place… Dans mon esprit, les animaux sont des membres de ma famille à même titre que tout le monde. Ma famille est la chose la plus importante dans ma vie et chez nous, on est toujours là pour la famille. Jamais il ne me viendrait dans l’idée de laisser un membre de ma famille de côté, car je les aime tous pour ce qu’ils sont, ils font partie intégrante de ma vie, et je ne pourrais l’imaginer sans eux!!! Voilà donc pourquoi je n’y avais jamais pensé avant.
Ensuite j’ajouterais ceci, Mimi est mon premier cheval, celle qui a été plus que patiente 

avec une cavalière très débutante qui enchainait les erreurs et qui a dû apprendre à écouter et à contrôler son mauvais caractère! Elle m’a offert beaucoup, lorsque je l’ai eu, elle ne voulait pas du tout avoir affaire aux humains, petit à petit elle m’a offert sa confiance et en échange je devais essayer de comprendre ce qu’elle tentait de me dire et me montrer digne de cette confiance. Bien qu’un peu caractériel, c’était une jument incroyable, en qui je pouvais avoir confiance. Elle était beaucoup plus brave que moi, confiante, fiable et pleine de bonnes intentions. Nous avons vécu mille et une aventures ensemble et disons que dans mon jeune esprit, qui n’en connaissait pas encore beaucoup sur le cheval dans son ensemble, c’était un peu du grand n’importe quoi! Mais tant que je la respectais dans ce chaos, elle me donnait tout, en fait, étant une LBE, je crois bien qu’elle aimait bien ce chaos hihi! Elle avait du cœur au ventre cette petite jument! Elle a même réussi à venir à bout de la phobie des chevaux 
Ma maman sur mimi, Sonara et moi!
de ma mère. Alors maintenant qu’elle m’a tout donné, qu’elle m’a endurée, qu’elle a été mon rock dans cette grande aventure de la vie… C’est à moi de prendre soin d’elle et de lui offrir le repos et la quiétude qu’elle mérite. C’est le juste retour de choses pour moi, je lui dois! Bien sûr j’aurais pu en faire profiter une autre personne qui débute, mais elle en avait déjà vécu beaucoup dans sa vie et ce bien avant que je l’aie… Je trouvais donc qu’elle en avait assez donné et qu’à présent elle méritait bien sa retraite. De plus, j’aurais été beaucoup trop inquiète qu’elle ne reçoive pas tous les soins dont elle avait besoin pour ses conditions particulières.
Bien qu’elle mérite cette retraite, puisqu’elle m’en a tant donné, il y a aussi du plaisir à prendre soin d’une mémé. Les vieux chevaux ont une énergie et une présence bien différente. On ressent de la douceur, presque de la sagesse qui se dégage d’eux… Ce sont ceux qui ont déjà tout vu, tout vécu… Ils sont cool, patients… Vous savez, celui qui attend sagement pour entrer le dernier dans l’écurie, parce qu’il sait que son grain l’attendra

Sacré Mimi!!
sagement, peu importe, à quelle vitesse il s’y rendra… La sagesse aussi d’éviter les autres qui s’excitent pour entrer… Mais ils n’en sont pas moins amusants!! Lorsque l’envie leur prend, ils vont encore faire les fous comme de petits jeunots ou encore user de tous leurs charmes (ce qui incluse grimace, bisou, jambette…) pour avoir une petite carotte!! Ce seront aussi les premiers à être heureux de nous voir, même si parfois les soins qu’on leur donne ne sont pas toujours agréables… Je me demande… Savent-ils qu’on le fait pour les aider? Parfois j’en ai presque l’impression…
Le point final de cette mise sur papier de mes réflexions est ceci; je lui avais promis, lorsqu’elle était arrivée dans ma vie, que je serais sa dernière maison et que je serais toujours là pour elle... Je ne reviens jamais sur mes promesses… Je suis incapable de l’imaginer ailleurs… Quand elle partira, ce sera parce que le point final sera mis sur l’histoire de sa vie…


OHANA veut dire la famille, la famille veut dire que personne n’est abandonné ou laissé derrière… Bin oui, je viens de citer un film de Disney haha!! Bienvenue dans mon monde!! :P 

Quand je dis qu'elle est encore en forme hihi!















Trop mimi cette Mimi!!


vendredi 13 mars 2015

Notre premier concours en bitless… Attention, folle en liberté!

Notre premier TREC en "bitless"

Notre premier concours n’est pas notre première sortie… Nous étions allés au festival du cheval à ses 3 ans histoire de la faire sortir un peu et la mettre en confiance… En side-pull, bien sûr, mais c’était plus détendue quand même comme événement. De petit poney-game amusant et où l'on peut prendre 
Première sortie, au festival du cheval
notre temps et tout… Déjà, j’avais fait parler de moi… Un 3 ans, canadien, monté sans mors, à sa première sortie officielle… Pour moi, rien n’était plus naturel que ça! Mais pour plusieurs, c’était carrément un exploit!
Mais bon, revenons à notre thème principal, ma première vraie compétition « bitless », là où on est stressé, un peu plus contrainte dans le temps et où l’atmosphère est beaucoup plus fébrile…

On est jugé pendant un concours, c’est le but, n’est-ce pas? Se faire juger, savoir ce qu’il faut améliorer et pouvoir mesurer notre progression… Pour moi, avant ma première compétition « bitless » (c’était ma deuxième compétition avec Sonara, mais la première avait été avec un petit hack à branche) le jugement avait déjà commencé… Mais pas sur mes performances… Je crois que les gens en étaient presque à ouvrir des paris ahah! Combien de temps j’allais tenir avant d’avoir un accident? C’était évident pour tous… Un simple « bitless », avec un cheval Canadien dans sa « crise d’adolescence » (4 ans et demi), avec un dressage « maison », pour aller faire son deuxième TREC à vie. Le retour de la folle suicidaire les ami(e)s!! Pour moi c’était normal, je ne me posais 
Immobilité en selle, on est dangereuse
ça se voit!!
même pas de question à ce sujet… Je connaissais ma jument, je lui faisais confiance et je savais profondément qu’elle allait prendre soin de moi, si je prenais soin d’elle. Le POR a très bien été, on était en équipe, Nara n’était pas totalement seule, même si elle ne connaissait pas son compagnon de route… Mais c’était quand même suffisant pour la sécuriser (moi aussi par le fait même haha!). Au PTV, on y est allé doucement, j’ai été plus prudente sur les obstacles sur lesquels elle était moins confiante, quelques petits encouragements par endroits et on passait au prochain. Sonara essayait aussi fort qu’elle le pouvait pour me faire plaisir. On se connait depuis sa naissance, on se fait confiance et l'on se comprend bien… Étant donné que nous sommes plutôt semblable niveau caractère. Nous avons fini notre TREC entier, dans le calme, sans aucun accrochage, j’étais toujours entière… Même pas une égratignure… En fait je n’avais jamais eu d’occasion de me blesser et pour mettre la cerise sur le Sunday, on s’est très bien classé (3e au POR, 6e au PTV et je ne me souviens plus de mon résultat à la MA). Disons que j’ai coupé court à tout cela… À tous ces gens qui pensaient que j’allais me planter… Je ne sais pas pourquoi faire les choses d’une autre façon créée autant d’émoi… Pourquoi ne pas faire comme les autres faits que l’on va forcément se gourer? Mais à partir du moment où j’ai commencé à sortir plus avec ma jument, les gens ont cessé de parler… Ils ont fini par voir… Qu’entre ce que je
POR de notre première sortie, en petit S hack!
disais et ce que je faisais, c’était pareil! On pensait que je me vantais, mais que je ne faisais pas la moitié de ce que je disais… Ou que je portais des lunettes roses, m’imaginant que tout était parfait… Pourtant, je ne prétends pas que ma jument est parfaite et que tout est toujours merveilleux, que nos séances se font sur des arcs-en-ciel remplis de papillon et de paillettes… Comme tout le monde, nous avons nos hauts et nos bas… Je n’ai jamais prétendu le contraire… Mais lorsque je parle de ma jument, j’ai peut-être des paillettes dans les yeux ahaha! Je l’aime, c’est tout… Elle n’est pas parfaite, mais elle est parfaite pour MOI! Nous sommes restés sur une belle lancée depuis plusieurs années, mais comme vous le savez j’ai eu un pépin en route et j’ai remis en question ma façon de voir la compétition… Si vous ne le savez pas (http://hippi-que.blogspot.ca/2015/01/la-fois-ou-jai-mange-une-claque-ou.html ), on l’a revu d’une façon plus saine et on évolue plus que jamais!!
Je suis heureuse d’avoir écouté mon instinct… Mon cheval… Moi-même. Il n’y a pas de limite… ni d’impossible… Tant qu’on est prêt à y mettre tous nos efforts et notre détermination, on peut se rendre très loin avec ces merveilleuses bêtes que sont les chevaux.
Retour à notre première sortie, en petit side-pull maison

vendredi 6 mars 2015

Comment suis-je tournée du côté obscur de la force… Luc... Je suis ton père...



Dans le monde équestre, je suis tournée du côté obscur de la force… C'est-à-dire au sans mors, au sans fer et à l’éthologie. Attention tout le monde, ALERTE au grano cinglé… … ... Qui va sortir de nulle part avec ses jus miracles… Son regard dans le vague… En demandant aux anges de la protéger des vilaines personnes normales… Bon… Cassons le stéréotype… Ce n’est pas parce que j’ai certaines convictions que je suis une illuminée totale… Je crois à l’utilité des huiles essentielles et aux plantes comme complément de traitement, mais je ne suis pas contre la médecine traditionnelle… Loin de là!!!! (Je suis diplômée en technique de santé animale...) Je ne suis pas radicale… Les gens ont le droit à leur propre croyance (PS J’ai parlé des anges à la blague, mais je ne juge
PERSONNE…Si vous y croyez, vous avez amplement le droit!!!). J’essaie de voir les deux côtés de la médaille et surtout de ne pas me fermer… J’ai le droit de ne pas croire en certaines choses et vous avez droit d’y croire… Comme je dis toujours, vous avez droit à vos propres points de vue… Mais ne me demandez pas de tolérer la violence, psychologique ou physique… Je ne pourrai jamais en être d’accord… Bien sûr, il arrive à tout le monde de perdre patience, je parle ici de méthode qui emploie la force de façon constante… Bref… Je m’éloigne du sujet, revenons à nos moutons!!
Je monte sans mors! Mes juments sont pieds nus et si besoin est, j’utilise des hipposandales! Et mon but est d’apprendre à comprendre le cheval et à mieux communiquer avec lui… Pas à performer à tout prix! Mes choix ont été faits sur du long terme, à force de réflexion (mon petit hamster roule tout le temps… parfois je me demande si je n’en ai pas une dizaine haha…) et je souhaite partager ce qui m’a guidée… Non dans le but de vous convaincre… simplement pour en parler!!
Voici ce qui a guidé mes choix.
— Pour le sans fer, ça été très tôt… Avant même de savoir à quel point être sans fer était

une bonne chose. Mimi avait de très bons petits pieds de Canadienne bien solides. Lorsque mon maréchal enlevait ses fers, il avait du mal tellement la corne était solide. On a donc décidé d’essayer de la laisser pieds nus, puisqu’elle avait une corne aussi solide. Résultat : TRÈS bien! J’ai découvert un peu plus tard tous les bienfaits du sans fer. Je n’entrerai pas dans les détails pour cet article, mais voici une image globale; meilleur fonctionnement du pied, meilleure circulation sanguine, meilleur amortissement des chocs, paroi plus forte, etc. Il a donc été normal pour moi de laisser grandir Sonara pieds nus et elle s’est avérée avoir de bons pieds aussi… Jusqu’à sa fourbure… Mais ils sont en train de revenir bien solides et bien formés ( un merci tout spécial à France pour toute l’aide qu’elle me donne… c’est grâce à elle!!).
— Pour le sans mors, j’ai travaillé longtemps pour rendre la bouche de Mimi plus sensible (ou plutôt, pour rendre son cerveau plus sensible…), pour lui montrer que je n’allais pas tirer, elle n’avait donc pas à tirer non plus. Avec elle, plus on tire, plus elle résiste… Elle ne se laisse pas faire, elle veut du respect. J’ai donc dû apprendre à attendrir mes mains et toucher le moins possible à sa bouche. Mais je la sentais toujours un peu réticente, toujours un peu d’inconfort… On communiquait beaucoup mieux, je pouvais me fier à elle… J’ai donc essayé de retirer le mors et je la sentais beaucoup plus à l’aise. J’avais un hack mécanique, mais j’ai fini par la monter presque toujours au licol en corde ou en petit hack à branche, le hack que j’avais était trop sévère! Elle acceptait le mors, mais sa préférence pour le hack était vraiment visible. On a donc continué ainsi. J’ai continué là-dessus avec Sonara… Je l’ai dressée au licol en corde et je la montais presque toujours avec ça. Pour être certaine à notre premier concours, j’avais un petit hack à branche… Que j’ai rapidement arrêté d’utiliser, car c’était trop sévère pour elle. Même la « bitless briddle » style Dr.Cook était trop sévère, elle n’était pas encore assez à l’aise, trop de pression sur la nuque… Au final, je la monte en licol en corde et en side-pull simple! Pas besoin de plus et je la sens beaucoup plus détendu. Il faut faire des essais… Chaque cheval à ses préférences.

— Pour l’éthologie, j’ai toujours voulu comprendre les chevaux. Depuis le début, j’essayais les 7 jeux de Parelli et j’essayais de comprendre. Comme j’ai appris seule, que
Travail en liberté avec Nara
je ne pusse pas avoir beaucoup de cours, j’y suis allée par essai-erreur. Bien entendu, j’ai dû perdre patience avant d’en gagner… J’ai dû faire des erreurs avant de les comprendre… J’ai dû apprendre à me pardonner, car j’aurais voulu être parfaite, pour mes chevaux, dès le premier essai. C’est à partir de la fourbure de Sonara que je me suis vraiment investie encore plus dans l’éthologie et que c’est devenu ma ligne directrice… Celle dont je ne déroge plus. Je souhaite apprendre à parler « cheval »… Ce n’est pas à eux de nous comprendre… C’est à nous de le faire! C’est la moindre des choses, ils endurent déjà beaucoup de choses pour nous.

Pour finir, je ne suis pas contre les éperons, ni contre les cravaches, ni contre les mors, ni contre quoi que ce soit… Bien sûr, il y a des choses que personnellement je n’aime
Mimi et moi, il y a quelques années
pas particulièrement… Mais je ne veux pas radicaliser. C’est la façon dont on utilise ces outils qui fait que cet outil devient positif ou négatif. J’utilise moi-même les éperons et la badine en dressage pour des précisions subtiles de mes demandes. Par contre je ne les utilise pas pour forcer un cheval à obéir, à aller plus vite ou sauter un obstacle. Pour moi, les aides mécaniques sont à utiliser avec parcimonie… Plus on en utilise, moins le cheval apprend à réfléchir et à comprendre de lui-même, mais parfois elles sont de merveilleux outils pour les aider à comprendre en ajoutant de petites précisions à nos aides.
Voilà ce qui a guidé mes choix à travers mon expérience équestre et voilà pourquoi j’ai rejoint le côté obscur de la force… May the horse be with you!!


vendredi 27 février 2015

Le temps d’une pause… Au-delà de l’équin (mais on parle de l'équin tout de même héhé!!)


Un jour, pendant un cours avec mon instructeur Parelli, elle m’a indiqué que je ne faisais pas assez de pauses… Hum, intéressant!! C’était bien vrai, je n’y avais même jamais pensé. Avec Mimi, je devais rester active le plus possible et j’avais gardé cette habitude jusqu’à très récemment… Je n’avais même jamais remarqué que je le faisais. Pour Sonara, la pause est un atout majeur que j’ai maintenant mis dans ma poche d’outil pour travailler avec elle.
Prendre le temps de faire des pauses pour redescendre la pression et les émotions de tous, ou encore en terme de récompense, ou bien pour nous permettre une courte

courte réflexion sur le travail en cours par exemple. S’accorder un moment de répit quoi! Parfois il suffit de faire une pause pendant le travail, échanger des gratouilles et tout. Mais le travail, ce n’est pas tout, il faut s’offrir des pauses de travail ENSEMBLE. Certains de mes meilleurs moments avec les chevaux sont simples… S’étendre sur le foin, dans une mangeoire, dehors, un après-midi d’hiver particulièrement doux, fermer les yeux et relaxer en profitant de l’air frais qui nous chatouille le visage, pendant que notre cheval s’amuse à nous renifler ou bien mange paisiblement à nos côtés. Ces moments sont la clef d’une relation avec son cheval. On entre dans sa vie, dans son quotidien, on devient membre du groupe, pas seulement l’humain qui ne vient que pour les sortir du groupe et les travailler... Par exemple, si un cheval s’enfuit de vous au pré, ces simples moments pourraient être la clef du problème… Car ils commenceront alors à vous voir sous un autre angle.
Mais le temps de pause ne s’applique pas qu’au cheval… prenons-nous vraiment le temps de souffler dans notre monde 
actuel où tout doit aller si vite… Où l’on doit tout 
Voyage à St-stefen ob leoben, Autriche 2012
avoir à l’instant, où la patience n’est plus de mise? La réponse est, je crois, NON! On ne prend plus le temps d’apprécier ces petites choses qui font que la vie est si belle… Toutes ces merveilles que nous offre la nature. Sommes nous même conscient de la chance que nous avons d’avoir dans notre vie ces merveilleux animaux que sont les chevaux? Même avec eux, nous suivons le rythme de la vie… Nous allons vite, nous ne prenons pas vraiment le temps de profiter de ces moments de détentes… Il arrive souvent que ce soit à la va-vite et puis on passe à autre chose… Au lieu de vraiment prendre le temps de se détendre et de profiter de l’instant…
Dans notre vie de tous les jours, sommes-nous encore capables de regarder dans les yeux d’un animal et d’y voir toute la pureté qui s’en dégage? Savourer le souffle doux et tiède d’une brise d’été qui vient effleurer notre visage? De l’odeur particulièrement agréable et humide d’un temps de pluie? Du magnifique spectacle scintillant que nous offre le ciel toutes les nuits? De la délicate fraicheur d’un après-midi d’hiver? De l’éclatante beauté mourante de l’automne? De la douce chaleur du soleil qui nous réchauffe jusqu’au fond de notre
 
Voyage à St-stefen ob leoben, Autriche 2012
cœur? Du parfum un peu âcre et piquant d’un feu de bois, emprunt de tant de souvenirs? De toute la grâce que nous offre l’éveil de la nature après une longue sieste hivernale? De toute l’énergie que déploie la nature tout juste avant une tempête, cette même énergie qui fait danser tous les arbres dans un ballet parfaitement orchestré et qui fait gronder violemment le vent? Du spectacle tout en lumière et en musique qu’offre un orage? Sommes-nous encore capables de voir cette magnifique nature qui nous offre ces plus belles merveilles tous les jours? Je pense que non, puisque nous la détruisons sans 
égard… Si l’on voyait tout cela, j’ai du mal à croire qu’on perdurerait à la détruire ainsi. Nous ne prenons plus le temps d’arrêter… De vraiment arrêter… Et de voir avec autre chose que nos yeux.  Nous sommes fermés sur la réalité et on ne s’ouvre plus à toutes ces choses qui demandent autre chose que les yeux pour être vue… Ceci s’applique, encore une fois, aux chevaux! Il ne faut pas les voir, il faut ressentir leur âme jusqu’au fond de la nôtre… Peut-être qu’un jour nous pourrons enfin nous comprendre sans avoir à y penser! Les animaux sont extraordinaires pour nous ouvrir… Nous ouvrir à tout ce qui doit être ressenti. Ils sont les maitres du domaine et nous avons beaucoup à apprendre d’eux à ce sujet. S’ouvrir à eux, c’est s’ouvrir à tout ce qu’ils peuvent nous apporter… Nous aider à traverser ce monde de folie
permanente et d’individualisme prononcé… En remplissant notre vie de moments de pur bonheur, trouvé nulle part ailleurs avec une simplicité inspirante! Nous nous compliquons tellement la vie... Même si la plupart d’entre nous, moi incluse, n’aimons pas l’imprévue, il faut parfois se laisser porter dans le moment. On ne pourra jamais tout contrôler et c’est vraiment se tirer dans le pied que d’essayer de le faire. Parfois il faut simplement accepter et avancer dans la nouvelle direction qui vient de se présenter à nous… Faites confiance à votre instinct et profitez de chaque moment… Lorsque nous serons vieux, assis sur notre « rocking-chair », nous pourrons nous souvenir de tous ces moments où nous avons pris le temps d’arrêter et de savourer l’instant présent.


Encore quelques-unes... pour le plaisir...


Jeune renard, en visite à mon travail



















Bonne journée!

vendredi 20 février 2015

The direct line thinker… L’art de penser en ligne droite vers le mur.



L’être humain est de type « direct line thinker » il se donne un but et s’en vas en pensant à son but sans jamais lever les yeux… Je veux ceci, je vais donc l’obtenir… POINT! Avec les chevaux, c’est totalement le contraire. Ils savent s’ajuster en réponse aux stimulus extérieurs et à l’énergie générale. Voilà pourquoi la plupart du temps, lorsqu’on veut obtenir exactement quelque chose de bien précis avec un cheval… ça ne fonctionne pas ou ça finit en bagarre et en stress.

En fait, il m’est arrivé de faire cela et il m’arrive encore de me perdre un peu parfois et donc voilà ce que j’ai observé lorsque cela m’arrivait. Lorsqu’on se fixe sur l’objectif à atteindre du genre à la fin de la séance je dois arriver à tel résultat, on ne pense qu’à ça et l'on se met des œillères. Au final, on n’écoute plus le cheval, on n’écoute plus notre ressentie et l'on ne fait pas attention à tous les petits signaux qu’il nous envoie… Parce qu’on n’est concentré que sur l’objectif. Les chevaux sont des individus à part entière… Ils ont donc des émotions, pas comme nous, bien sûr, mais ils en ont! Il leur arrive donc de ne pas être dans leur assiette, d’avoir envie d’autre chose que ce que nous leur proposons de faire ou encore simplement de ne pas être tout à fait prêts psychologiquement pour le faire. Il arrive, évidemment, des jours où ils sont parfaitement prêts et motivés et où tout se passe à merveille… Mais il faut s’attendre à ce que ce ne soit pas toujours aussi simple et facile!!


Par exemple, l’autre jour, je voulais travailler un peu Nara au sol et lui faire faire quelques tours de longe ,pour son cardio, afin de la garder en forme… Elle n’arrêtait pas de changer de direction ou venir me rejoindre. Ce qui est plutôt inhabituel chez elle, c’est le genre de cheval plutôt réservé et obéissant. Je voulais garder à l’esprit de ne pas la réprimander, puisque je suis pour le fait qu’elle s’exprime! J’ai donc réfléchi et essayé de comprendre ce qu’elle voulait… J’en suis venue à la conclusion qu’elle avait peut-être envie de jouer, j’avais raison! Elle avait envie de jouer avec moi… On a joué au « cutting » ensemble donc plusieurs changements de direction rapides et elle était incroyable. Elle s’en donnait à cœur joie, bondissant d’un côté à l’autre, relevant bien son avant-main et avec une expression positive sur le visage, les oreilles bien en avant, prête à recevoir mes signaux. Comme
exercice de saut en liberté
mentionné plus haut, elle est timide et le fait qu’elle me propose de jouer est une preuve de confiance et de détente. Si je n’avais pensé qu’à la longer et que je l’avais réprimandé pour ne pas suivre exactement mes commandes, je n’aurais pas eu droit à ce moment magique de plaisir mutuel! Et elle aurait peut-être même arrêté de me faire des propositions.



Il y a aussi des jours, où elle n’est pas en forme, stressée ou paresseuse (lorsque je la « dérange » en début d’après-midi par exemple, son heure de siesta)! Et lorsque je ne respecte pas ces humeurs et que je la traite comme tous les jours, je finis avec un beau désastre. Elle m’indique beaucoup plus clairement que je suis allée trop loin et qu’elle ne se sent pas bien là-dedans. Les désastres peuvent aussi arriver lorsque j’arrive à l’écurie dans un mauvais
état d’esprit ou en pensant à un objectif précis justement… Avec elle, même ce qui se passe avant la séance à une incidence sur cette dernière. Je dois prendre le temps, lorsque je la selle et la prépare, de nous mettre toutes les deux dans un bon état d’esprit pour le travail. Je prends mon temps et je ne le regrette jamais.
Le cheval est un animal qui sait s’adapter et il est de notre devoir de faire de même pour pouvoir travailler avec eux. Comme nous, ils ont leurs humeurs et nous devons le respecter. Nous devons respecter leurs limites si nous voulons qu’ils respectent les nôtres, c’est ainsi que fonctionne le travail d’équipe.


Petit vidéo de Sonara sautant en liberté. Elle a parfois besoin de passer à côté du saut au lieu de le sauter, jusqu'à ce qu'elle se sente prête à le faire. Si je la force "non tu saute", elle ne reste pas longtemps auprès de moi en liberté et s'en va au triple galop. Lorsqu'elle se sent prête, elle saute d'elle même... Avec calme!!





vendredi 13 février 2015

Débourrer un poulain… Attention, ça va brasser… OU PAS! L’histoire d’un dressage sans histoire.


Attention! Attention! Le fameux débourrage d’un poulain, une étape très importante à franchir qu’on décrit souvent de périlleuse. Un poulain ce n’est pas fiable, on risque d’avoir des réactions fortes, voire dangereuses!

Je dois aussi vous mettre en contexte… Je montais déjà sans mors et je comptais bien dresser ma pouliche sans mors… Première « folie » de ma part. Ensuite, ma jument est une Canadienne et cette race à très mauvaise réputation… On dit de ces chevaux qu’ils sont imprévisibles et peu fiables… Alors qu’en réalité ce sont des chevaux sensibles et intelligents, qui refusent les injustices… Voilà pourquoi, moi, je les aime tant! Ils m’indiquent gentiment, mais fermement, lorsque je vais trop loin. Bref, deuxième « folie ». De plus, je suis une cavalière n’ayant pas suivi beaucoup de cours, n’ayant pas les moyens… Et je souhaite débourrer ma pouliche moi-même… troisième « folie »… Je suis cataloguée… Je vais clairement finir blessée ou avec un cheval complètement indiscipliné!
De mon côté, je crois fermement qu’une préparation adéquate est la clef du succès lors d’un débourrage!  J’ai Sonara depuis sa naissance, je la travaille donc au sol depuis très
jeune et je la prépare doucement au débourrage. On s’amuse avec les tapis, je lui présente souvent la selle depuis qu’elle est petite! Bébé, comme elle est née en automne, je lui mettais un petit gilet de chasse tenue avec un polo, pour aller en randonnée, afin d’éviter qu’on la prenne pour un bébé Orignal… Faut parfois être créatif! Bref, j’essayais de la préparer à certaines choses qu’elle devrait voir et sentir pendant son débourrage et rendre le tout habituel et donc sans stress. Je la connais, je connais ses limites et on se fait confiance. Si vous avez le moindre doute, mais que vous tenez fermement à le faire vous-même, faites-vous aider par quelqu’un qui à de l’expérience pour être bien encadré. La sécurité est la priorité!!


premier trot avec un selle
Le fameux jour J, Sonara à un peu plus de deux ans et je veux simplement monter, faire quelques actions de bases et redescendre! On attache et sangle la selle pour la première fois et je la longe un peu histoire de voir sa réaction… Attention… On se prépare pour de l’émotion… RIEN! Elle est au trot et agit comme si elle avait déjà été sellée avant « no big deal »… Bon. Continuons, alors bombe sur ma tête, on grimpe… Sonara se demande bien ce que je fais là… Elle regarde mes jambes... J’utilise des commandes vocales qu’elle connait pour la faire avancer, mixer à la jambe afin qu’elle fasse le lien plus rapidement… Voilà… J'ai une pouliche Canadienne, de deux ans, montée pour la première fois, sans mors, qui recule, avance, tourne et stop. Quelle histoire! Pleine de… Joie. Je ne le dirai jamais assez… PRÉPARATION!!
Avec du respect, de la patience, du temps et de la préparation, voilà à quoi a ressemblé le débourrage de ma pouliche. Bien sûr, chaque cheval est différent, on est jamais à

Première fois dessus
l’abri de petits problèmes. Mais de là le point de la bonne préparation… Lorsqu’on ne saute pas d’étape, généralement, ça se passe en douceur. Lorsqu’on respecte les limites et qu’on demeure à l’écoute, les grosses réactions ne devraient pas apparaitre. Ces réactions sont, souvent, le résultat d’un manque d’attentions aux signaux que notre cheval essaie de nous envoyer… Il n’a alors plus le choix de s’exprimer très fort, car il n’en peut plus. Parfois on peut aussi simplement avoir un petit cheval coquin qui aime se jouer de nous… Mais encore une fois, une bonne préparation devrait grandement aider. Dans la préparation, le cheval apprend vos limites et vous apprenez les siennes, la communication s’installe et la transition du sol à la selle se fait beaucoup plus naturellement.
Comme le dit Pat Parelli, « Luck is when preparation meet opportunity »

Il faut garder en tête qu’un poulain n’est pas un adulte… Ni mentalement, ni physiquement. Un cheval devient physiquement mature à SIX ANS, peu importe la race… Il faut donc être très progressifs. Le corps doit se développer musculairement pour supporter le cavalier et de plus, les os supérieurs du corps ne commencent à se fusionner qu’entre 4 et 6 ans. Il faut donc laisser au corps le temps de s’adapter!! Et pour en ajouter un peu, mentalement, ils sont encore jeunes et immatures, il faut donc aussi leur laisser le temps de s’adapter à tout ce changement. Ils vivaient une vie tranquille, dans le pré, à se la couler douce et là, ça change du tout au tout. Mettez-vous à leur place. Soyez progressifs et compréhensifs, les chevaux sont des animaux pacifiques, s’ils réagissent violemment, ce n’est pas par plaisir… Il y a une raison, trouvez là!

Petite note : Par la suite on est resté sur des entrainements très légers des bases deux fois par mois et on a commencé à travailler un peu plus vers trois ans et le travail sérieux vers 4 ans. Histoire de la laisser se développer



2 ans et demi, quelques foulées de galop pour la première fois <3

vendredi 6 février 2015

Le petit cheval de fer… Ma vision du cheval canadien. Bon 350e anniversaire à une race qui gagne à être connue.

Le Noir Dynamo Kafka

J’ai connue le cheval canadien au tout début de mon aventure équestre. Le fils d’un collègue de ma mère en avait un et l'on savait que j’aimais les chevaux. Je suis donc allée visiter son cheval et ensuite l’élevage de Canadien d’où il venait. L’élevage en question
Héritier et moi
est à 15 min de chez moi, j’y suis donc retournée plus d’une fois. J’y ai rencontré Lise Charbonneau, une éleveuse passionnée de sa race et une dame extrêmement gentille avec qui j’aimais passer du temps. Elle n’avait que d’éloge pour son cheval et a été plus qu’heureuse de me présenter son troupeau… Dès que j’ai mis le pied dans son écurie, je suis tombée sous le charme du Canadien. Un paquet de juments plus affectueuses les unes que les autres… Lorsqu’elle m’a présenté son étalon… Encore mieu, le bel Héritier (Windigo Noireau Héritier), un étalon doux, gentil et au combien magnifique. Pour ceux qui ne connaissent pas Lise, c’est une toute petite femme, son étalon est grand et fort et elle le manie elle-même pour le sortir, et ce, sans problème. En plus d’avoir un physique à faire baver, proche du standard idéal de la race, il a un caractère en or… Tout comme le magnifique Kafka (Le noir Dynamo Kafka) de l’élevage Le Noir d’Orphée Guy.

La belle Héléna, heureuse de ses câlins
Lorsque je suis sortie dans le pré des juments et de leurs poulains pour la première fois, ça a scellé mon amour pour eux… à la minute où j'y ai posée le pied, un ras de marré de jument câline est arrivé sur moi! Impossible d’y faire un pas sans se faire assaillir de juments qui réclament de l’attention et de poulains curieux prêts à découvrir l’humain. En plein mon genre de cheval… Un animal expressif, plein de vie, curieux, affectueux, robuste et magnifique. C’était clair maintenant, mon premier cheval devait être un Canadien… Bien sûr, un pure race était au-dessus de nos moyens, mais tant qu’il aurait du Canadien, je serai heureuse. C’était mon seul et unique critère…
Ce caractère expressif est peut-être ce pour quoi les gens les ont mal jugés? C’est peut-être pour cela que je les aime tant? J’ai toujours aimé les «underdog» puisque je me suis toujours sentie comme en étant un moi-même… Ce sont souvent des préjugés infondés qui font les mauvaises réputations chez les animaux… Ces préjugés sont, bien souvent, dus à un manque de connaissance face à une situation donnée. Bref, ce genre de préjugé m’attire et me donne envie d’en savoir plus… Mais j’ai connue le Canadien AVANT de connaitre les préjugés auxquels ils faisaient face… Je les ai donc toujours férocement défendues.


J’ai toujours eu l’impression que l'on comprenait mal leur caractère… Je les vois comme 
Amysse et moi
des chevaux expressifs et intelligents qui refusent de se laisser malmener et qui refusent les injustices. Nous sommes peut-être trop habitués à ces races qui ont été génétiquement sélectionnées pour avoir un type de caractère qui accepte tout, qui fait ce qu’on leur dit, sans broncher… Je ne sais pas, moi, ça ne m’attire pas. Je préfère avoir un cheval qui m’indique lorsque je vais trop loin, quitte à me le dire très fort si je ne l’écoute pas. Pour moi, le caractère est un avantage et quelque chose que je recherche, ce petit je ne sais quoi qui pimente les choses! C’est aussi avec ce genre de cheval qu’on apprend à devenir un meilleur «horseman» et qu’on devient par le fait même, une meilleure personne.
En plus de son caractère expressif, j’adore cette race pour sa rusticité. C’est un cheval robuste, sans être trop lourd. Née ici même, au Québec, l’évolution en a fait un cheval parfait pour notre climat hivernal difficile. C’est aussi cela qui est, à mes yeux, fait sont seul défaut… Vous ne pouvez pas comprendre à quel point il est difficile de faire maigrir un Canadien jusqu’au jour où vous devez le faire haha!!! En hiver surtout, il pourrait prendre du poids en mangeant seulement des branches d’arbres… Ce sont les Labradors Retriever du monde équin haha! Mais cette rusticité en fait aussi un compagnon solide, qui, lors de blessures, guérit

Mon amie Julie et la belle Le Noir Kafka Salsa
bien, ne fait pas souvent d’œdème ou d’infection… C’est un gros dur, aux pieds solides, aux articulations robustes et qui est capable d’en prendre. Ce n’est pas un cheval de vitesse, c’est un cheval de travail endurant… Comme on dit, p’tit train va loin!! Le travail ne lui fait pas peur, mais n’essayez pas de l’obliger à faire quoi que ce soit, il se pourrait que vous le regrettiez rapidement.
Tous les Canadiens qui ont croisé ma route étaient de merveilleux compagnons vifs et affectueux, en plus d’être de vrai « 4X4 ». Je n’ai jamais connu ces «charognes» dont on m’a tant parlé… Je n’ai connu que de magnifiques petites perles noires (bien que le noir soit loin d’être la seule robe que l’on retrouve chez le Canadien) au cœur énorme, prêt à faire n’importe quoi pour l’humain qui se montre digne de lui.
Pour le sportif amateur, qui a envie d’un cheval versatile, pour s’amuser et progresser, le Canadien répondra à ses besoins. Il peut tout de même compétitionner jusqu’à un certain niveau et rivaliser avec ces grands chevaux sportifs! Ce cheval tout simple est un vrai québécois! Pleins de caractère, pleins de bonté et bien robuste!!!



N. B. Cette race a rasé l’extinction à un moment de son évolution… Mais il est revenu, plus fort que jamais. Il est aujourd’hui présent aux États-Unis et en Europe. J’espère qu’il continuera à conquérir les cœurs!!
Windigo Noireau Héritier

Un petit vidéo de la société des éleveurs de chevaux canadiens afin de mieux vous les présenter