dimanche 28 février 2016

À la découverte du clicker training



Dans le cadre de mon cours de comportement avec l’université de Guelph, j’ai dû expérimenter le clicker training comme travail de recherche. J’utilise déjà abondamment le clicker dans l’entrainement de mon chien, mais très peu avec ma jument. J’ai toujours préféré utiliser la voie et le mot « ouiiiii » comme renforcement secondaire (on y reviendra plus tard). Bien que cette technique fonctionne très bien aussi, il faut tout de
en plein bavardage avec ma jument
très probablement un OUIIII :)
même s’assurer que le mot est toujours utilisé et dit sur la même intonation. Le clicker apporte une précision de plus pour indiquer au cheval le moment précis où il a effectué le bon comportement. Bref, je devais enseigner un tour à mon cheval et détailler mon expérimentation. Pour ce faire, je devais commencer par trouver un petit tour sympa, qu’elle ne connaissait pas déjà… En lisant dans mes livres, je suis tombée souvent sur "enseigner au cheval à mettre son nez dans un licol". Ouais, c’est sympa et utile, voilà ce que je vais enseigner. Mentalement j’ai établi un protocole d’étape à suivre avec ma jument, à la vitesse requise pour sa personnalité. Comme c’est une jument nerveuse, j’ai préféré prendre le temps de bien la rendre à l’aise à travers les étapes. Ensuite est venu le moment d’expérimenter la technique et d’observer les résultats. Puis il fallait mettre le tout dans mon papier. Beaucoup plus facile à dire qu’à faire, par chance une amie m’a grandement aidée à établir une façon logique de l’écrire, car le côté rédaction scientifique ne me vient pas encore naturellement! Alors voilà quel était le but de cet essai.

heureuse de sa récompense

Pour ceux qui ne connaisse pas encore le clicker, c’est un petit outil bien intéressant : une petite boite de plastique munie d’un bouton qu’on enfonce et qui produit toujours le même son. De cette façon, le signal est toujours le même pour le cheval, il ne peut être confondu. Le principe est assez simple, le clicker est un renforcement secondaire, c'est-à-dire que ce n’est pas lui qui renforce le comportement en tant que tel, il est simplement là pour indiquer que le renforcement arrivera d’une minute à l’autre. Le renforcement primaire c’est la récompense utilisée par la suite : carotte, pomme, gratouille, pause, etc. Pourquoi ne pas simplement utiliser le renforcement primaire alors? Parce que la fenêtre dans laquelle le cheval peut associer un comportement avec la récompense est très petite, 0,5 seconde pour être précis. Donc, si la main n’est pas à proximité de la bouche, l’association sera beaucoup plus lente, voire nulle. Le renfoncement secondaire sert donc à agrandir cette fenêtre. Lorsqu’on clique, l’indication que le comportement était le bon est donnée dans les 0,5 seconde requises pour l’assimilation et la récompense arrive tout de suite après. Voilà pourquoi le clicker est un outil bien pratique lors de l’apprentissage.

Une récompense que ma jument adore
une pause + brouter de l'herbe = parfait

Il faut aussi savoir que pour qu’un comportement soit acquis ou modifier il faut que le renforcement soit suffisamment motivant pour le cheval. Je m’explique, ne pensez pas qu’un cheval fait les choses pour nous faire plaisir, nous ne sommes pas si incroyables que cela… Si le cheval nous « aime » (on pourrait dire apprécier, on ne sait pas à quelle mesure l’amour existe dans le monde animal), c’est en partie parce qu’on lui sert à quelque chose : on le nourrit, on le soigne, on le sécurise, on en prend grand soin quoi… Mais pour qu’il ait envie de travailler, il faudrait qu’on trouve le meilleur moyen de le motiver, notre seule personne n’est pas vraiment suffisante. Certains motivent par la peur, le cheval obéira par peur de se faire réprimander, certains motivent par le positif (nourriture, pause, gratouille…) le cheval obéira par l’envie d’avoir cette récompense. Le cheval est une récréation et un bonheur pour nous et il faut devenir une récréation et du plaisir pour lui aussi! De cette façon, il aura envie d’apprendre et de travailler avec nous, car il en tirera quelque chose lui aussi. La motivation doit être extra payante, surtout si vous souhaitez changer un « mauvais » comportement. Jacinthe Bouchard dit que si le comportement à une grande valeur pour l’animal, la récompense qu’on offrira pour le comportement de remplacement devra être encore plus payante pour lui… Logique, mais on n’y pense pas toujours!
Une jument intéressée, volontaire, motivé
Et si il y avait quelque chose à gagner?

Des études ont démontré que le cheval apprend mieux lorsqu’il est travaillé avec du renforcement positif. Pourquoi? Parce qu’un cheval qui est travaillé dans la peur et la punition n’essayera pas de trouver la réponse de peur de donner la mauvaise et d’être puni. Un cheval travaillé de façon plus positive essayera d’ambler de trouver la réponse et du même fait, d’atteindre la récompense qu’il aura pour la bonne réponse. Je ne dis pas ici qu’il ne faut pas utiliser de renforcement négatif, au contraire, bien que le nom indique "négatif", ce n’est pas une mauvaise chose. Le renforcement négatif signifie seulement qu’on retire quelque chose lorsque le bon comportement voulu est offert (on retire souvent un stimulus désagréable sans pour autant être nocif pour le cheval), le renforcement positif quant à lui signifie qu’on ajoute quelque chose lorsque le cheval donne la bonne réponse (récompense, pause, gratouille…). Le renforcement positif ne peut être effectué pour absolument tout, parfois on a besoin d’un peu de négatif aussi et on peut les mélanger! Par exemple, on conduit le cheval en selle avec le renforcement négatif, sinon comment lui indiquer qu’on veut qu’il aille à gauche ou qu’il désengage ses postérieurs, une petite pression suffit, mais c’est une pression et c’est un renforcement négatif, mais lorsque le cheval fait bien on peut récompenser ensuite… Et donc mixer les deux types de renforcement. Ce qui aura pour effet d’avoir un cheval de plus en plus sensible et de plus en plus motivé! Le dosage voila ce qui fait le bon travail, le juste équilibre entre positif et négatif!
La demande est effectué par renforcement négatif (la badine simplement sur l'arrière des genoux)
La décompense => retirer la badine (renfo négatif) + ajouter une carotte (renfo positif)

Avec tout cela en tête, tous ces principes, j’ai essayé la technique avec ma jument. Mes 4 étapes étaient les suivantes :

1-Comprendre que le licol est l’objet clé
Au début, le cheval n’a aucune idée de ce qu’on attend de lui et donc pour lui faire comprendre que tout était à propos du licol, dès que ma jument passait sa tête près du licol je cliquais. Elle a vite compris que c’était le licol qui apportait les récompenses
2-     Toucher le licol
Pour consolider le fait que le licol est la clé, je ne récompensais que lorsqu’elle touchait au licol. J’ai souvent utilisé cette technique et donc ma jument à rapidement compris.
3-     Passer son nez dans les montants
Le nez d’un cheval est un outil précieux… Il ne le met donc pas n’importe où. Pour passer de façon progressive entre toucher le licol et mettre son nez entièrement dans la muserolle, j’ai préféré ajouter cette étape.
4-     Mettre le nez dans la muserolle
Pour cette option j’allais lui laisser la chance d’explorer vers la muserolle, mais si elle mettait trop de temps à comprendre le but, j’allais simplement placer un bout de carotte sous la muserolle et lui donner lorsqu’elle passerait son nez dedans!

L’expérimentation a bien fonctionné et nous avons eu des séances de 5 minutes sans plus! C’était assez rapide et les progrès étaient assez faciles à voir, ce qui était plutôt encourageant. J’ai dû utiliser la carotte pour attirer son nez dans la muserolle et j’ai fait l’erreur de ne pas répéter cette étape. Pour toutes les autres étapes, j’ai attendu qu’elle le fasse plusieurs fois et que je sente que l’étape soit bien acquise avant de passer à autre chose, mais pas pour la dernière. Je lui faisais passer le nez, puis je terminais là-dessus… alors cette étape était plus longue à acquérir. Maintenant, je la répète plus d’une fois pour une meilleure assimilation! Le travail est toujours en cours, j’aimerais arriver au point où je présente le licol et elle y met son nez direct, mais ça demande du temps et on continue de le travailler!
question et réponse
Expression positive, elle sait que cette manœuvre est toujours récompensée

Ce que j’ai bien aimé avec cet essai c’est la progression qui me donnait l’impression d’être sous forme de jeu. Je lui présentais la « question » et j’attendais qu’elle trouve la réponse. De cette façon, j’ai senti que ma jument avait le choix et qu’elle pouvait donc s’impliquer beaucoup plus dans le processus d’apprentissage, que je lui laissais de la latitude sur la vitesse d’apprentissage surtout. Comme elle est nerveuse, je ne dois pas sauter d’étape, en étant impliquée dans cette séance, elle pouvait clairement indiquer lorsqu’elle était plus à l’aise. J’ai aussi trouvé que ma jument était plus impliquée, je la voyais se questionner et réfléchir… Les chevaux apprennent à apprendre et cette technique leur permet de le faire. On leur demande de réfléchir et donc d’apprendre à résoudre des problèmes. J’ai aimé que ma jument soit plus détendue et qu’elle essaie vraiment, avec une expression positive, de comprendre la question, car la motivation était intéressante et elle voulait vraiment avoir cette carotte hihi! Bien entendu, je me demande comment je pourrais utiliser cet outil efficacement en selle! Car pour l’apprentissage de mouvement précis, il serait en effet très utile, mais entre tenir les rênes, être concentré sur les aides,  tenir le clicker dans ses mains et surtout cliquer au bon moment va demander beaucoup d’apprentissages, je vais donc continuer mes essais pour voir ce que ça donnera en selle! Pour le moment, j’ai recommencé à utiliser ma voix beaucoup plus en selle, mais j’ai envie d’essayer le clicker, car je trouve ça très intéressant. Bien entendu, je sais que le renforcement négatif doit aussi être utilisé et je ne le dédaigne pas du tout, car c’est aussi un formidable outil. Je crois que les deux types de renforcement se complètent à merveille et qu’il serait utile de les intégrer tous les deux à nos séances de travail. Tout est une question d’équilibre!


samedi 30 janvier 2016

THE horse of a lifetime!



J’ai souvent entendu ce terme dans ma vie : le cheval d’une vie… « the horse of a lifetime », c’est une expression à laquelle je n’adhère pas du tout, et ce, pour plusieurs raisons. Je vais tenter de vous expliquer clairement pourquoi. Ce n’est pas le fait d’avoir un cheval spécial dans sa vie, mais plutôt les barrières que cette expression apporte.

Tout d’abord, j’ai l’impression que les cavaliers ne font pas assez attention au caractère du cheval lors de l’achat. Comme le dit si
bien Pat Parelli « pick your partner not your poison » ce qui veut dire : choisissez votre partenaire pas votre poison. Cette expression me tient particulièrement à cœur parce que c’est quelque chose que je vois très souvent. On achète un cheval pour sa beauté, pour ses capacités athlétiques ou encore parce qu’il a beaucoup de dressage… Une chose importante semble pourtant souvent mise de côté… Le tempérament du cheval et sa compatibilité avec le nôtre! C’est pourtant LA chose la plus importante lors de l’achat d’un cheval et c’est souvent celle qui est mise de côté. Parce que le cheval peut bien être dressé à la perfection et être le meilleur cheval de sport au monde, si votre tempérament et le sien ne s’accordent pas, vous n’arriverez qu’à des frustrations! N’ayant pas la prétention de nous prendre pour Pat Parelli ou encore Frédéric Pignon, nous travaillons mieux avec certains types de caractère et moins bien avec d’autres. Moi-même, je sais parfaitement avec quels types de caractères je travaille
moins bien, ces types me posent beaucoup plus de problèmes, car ils me demandent beaucoup plus d’efforts… Pourquoi? Parce qu’ils sont plus loin de ma propre personnalité et me demandent des actions qui sont moins naturelles pour moi et qui me demandent donc plus d’efforts et beaucoup plus de réflexions, je dois donc être attentive, car les réponses me viennent beaucoup moins spontanément. L’entente n’est pourtant pas impossible, mais elle est moins instantanée, elle demande plus de travail et plus d’efforts… Je le sais, c’est ce qui s’est passé entre Mimi et moi. En plus d’être blasée de l’humain, Mimi avait une personnalité contraire à la mienne… Je l’aimais, je l’ai toujours aimé, mais l’harmonie a été longue à atteindre. Mais en quoi ceci a-t-il rapport avec la fameuse phrase « le cheval d’une vie »? Je crois que parfois les gens qui ne font pas attention au tempérament du cheval tombent par hasard sur
un bon « match » de tempérament et tout semble alors naturel et facile, c’est l’entente parfaite… miracle « le cheval d’une vie ».


Ce qui m’amène à mon second point, tenter de recréer le fameux cheval dans un autre. Je crois, en effet, qu’une fois que ce cheval parfait est passé dans la vie de son cavalier, il tente alors de trouver le même cheval dans un autre… Ce qui est impossible, car chaque cheval est différent et chaque cheval demande d’être traité selon sa propre personnalité. On passe donc du cheval parfait
à un nouveau cheval avec qui on doit recommencer à neuf et on tente de le travailler exactement comme l’autre… Et puis ça ne marche pas… Et puis le cheval commence à se frustrer… Et puis on commence à se frustrer… Et c’est la débandade! On entre alors dans la zone de conflit, le cheval est frustré d’être si peu comprit et si peu entendu et vous êtes frustré qu’il ne comprenne rien alors que votre cheval parfait comprenait tellement facilement. Vous oubliez alors la chose la plus importante, ce n’est pas à votre cheval de faire un effort pour vous comprendre, c’est à vous! Comme chaque cheval est différent, chaque cheval à besoin de se faire expliquer les choses de la façon dont il pourra les comprendre. Si en plus vous avez une fois de plus choisi un cheval selon ses attraits et non pas selon sa compatibilité avec vous, il va falloir recommencer à travailler fort pour vous comprendre. C’est à vous de travailler pour trouver la façon dont vous pourrez vous entendre, une fois cela fait, vous pourrez enfin
commencer à progresser ensemble. N’oubliez jamais que chaque cheval a ses besoins et qu’il faut y répondre, c’est notre devoir!

Finalement la dernière raison que j’aimerais évoquer, c’est le fait qu’on se met nous même des barrières : « je ne pourrai jamais retrouver un autre cheval aussi parfait », « c’était un cheval unique, je ne pourrai jamais en retrouver un aussi bien », « quel cheval pourrait maintenant surpasser celui-là ». Si on se ferme déjà avant même de commencer à chercher, alors on est sûr et certain que ça ne pourra pas marcher, parce qu’on n’essayera même pas! On se dira que c’est fini, qu’on ne trouvera jamais mieux et qu’on a qu’à se contenter de cette relation médiocre… On arrête d’essayer! C’est perdu d’avance parce que les œillères sont déjà mises et elles
nous empêchent de découvrir tout ce que ce nouveau compagnon a de spécial à nous offrir, car oui l’ancien cheval était unique… Tout comme le nouveau! Et chacun aura quelque chose de spécial à nous offrir, il suffit de s’ouvrir et de lui laisser l’occasion de nous le démontrer. Bien sûr, on a eu une relation spéciale avec le dada précédent, ce qui ne nous empêche tout de même pas de créer une tout autre relation aussi spéciale avec le nouveau, elle sera différente, puisque ce n’est pas le même cheval, mais elle peut être tout aussi grande et tout aussi belle, elle sera simplement différente. Voilà pourquoi il faut laisser une chance à chaque cheval de nous montrer ce qu’il peut nous apporter de spécial.




Lorsque j’ai eu Mimi, ce n’était pas facile tous les jours, nous étions des personnalités assez contraires, et pourtant… Quelques années plus tard, j’avais une super jument avec qui je pouvais faire à peu près n’importe quoi, je craquais toujours devant sa petite bouille pleine de malice… Ce qu’elle m’a apporté c’est toute sa confiance, son courage et son exubérance (chose que j’ai dû apprendre à apprécier), une fois sur la même longueur d’onde, elle a été une merveilleuse professeure. J’ai compris que c’est elle qui allait m’enseigner et non le contraire! C’était ma première jument et elle sera toujours spéciale pour moi. J’aime pourtant Sonara comme une folle également, elle est tout le contraire de sa mère, ce qui fait qu’elle est beaucoup plus près de ma personnalité! Ça a
donc été plus facile de se comprendre et pourtant… Étant deux grandes émotives pas très courageuses, il a bien fallu que j’apprenne à gérer mes émotions avant de pouvoir l’aider à gérer les siennes. Sonara me donne tout ce qu’elle peut, une fois la confiance acquise, elle se laisse guider, mais a besoin de beaucoup de réconfort. Sensible, délicate et volontaire, voilà ce qu’est ma petite fleur, j’ai dû apprendre (et j’apprends encore et toujours) à contrôler mes émotions et mon énergie. J’ai élevé Nara moi-même, avec l’aide de sa maman Mimi, elle restera toujours mon bébé même si elle a aujourd’hui 9 ans… Elle a, elle aussi, une place toute spéciale dans mon cœur. Chaque cheval a su m’apporter quelque chose, elles m’ont toutes les deux demandé de travailler sur moi-même, même s’il m’a été plus facile de comprendre Sonara. Elles sont toutes les deux spéciales pour moi et je les aime toutes les deux, mais je crois que si Mimi avait été jeune (je l’ai eu à 18 ans, pleine d’expérience de vie) je m’en serais beaucoup moins bien sortie MDR. Sonara et Mimi étaient aux antipodes niveau caractère, je ne pouvais les travailler, ni les traiter de la même façon, j’ai dû apprendre à respecter leur caractère et leurs besoins, car bien que mère et fille, elles étaient uniques!  



Peut-être que le cheval de ma vie n’est pas encore entré dans ma vie, me direz-vous, et que c’est pour cette raison que je tiens ce discourt… Mais j’aime Sonara et Mimi (loin des yeux pour toujours, mais toujours près de mon cœur) avec un amour inconditionnel, elles ont toujours été ce que j’avais de plus chère et m’ont apporté (et m’apporte encore) plus que je n’aurais su espérer et j’espère aimer ainsi, de la même façon, tous les chevaux qui entreront dans ma vie.

dimanche 10 janvier 2016

Mais t’es même pas assise dessus… à quoi ça sert



"Mais t’es même pas assise dessus… à quoi ça sert? " Combien de fois a t'ont pu entendre ces mots avant que l’éthologie ne devienne populaire? Et même encore aujourd’hui il arrive encore d’entendre ce genre de discourt! « Mais tu le travail au sol et t’es même pas dessus… ça ne sert à rien! » ou encore le fameux « tu le longes et il n’est même pas enrêné, tu ne le travail pas vraiment! » oh et encore une petite« le travail au sol
c’est pour les gens qui font des tours de cirque ça ne me servirait à rien ». Puis certain se frustre, d’autres son un peu sous le choc et d’autres ont un petit rire intérieur… Beaucoup argumentent, d’autres se retirent sans dire un mot et je dois dire que j’agis des 2 façons selon qui j’ai devant moi… Avec certaines personnes avec qui je ressens une certaine ouverture d’esprit, j’essaie de discuter, poliment et avec respect, pour leur expliquer mon point et avec d’autres il ne suffit que d’un seul regard pour comprendre qu’ils ne sont absolument pas ouverts et que la discutions ne mènerait strictement à rien, alors je ne dis rien et je me retire.
Le fait est que le travail au sol n’a pas encore une grande réputation partout, je parle ici de travail au sol et pas de longer un cheval enrêné, ce qui est du travail physique, mais pas du tout psychologique. Ces biens-faits sont encore assez mal connus ou assez mal compris et encore bien sous-estimés. Parce que le travail physique peut se voir à l’œil, on voit le travail, on voit les efforts, on voit la sueur et on voit aussi le changement de musculature au bout d’un certain temps, alors que le travail psychologique ne peut pas s’observer avec les sens, on le sait, on comprend la différence de comportement et on sent que c’est différent, mais on ne voit aucun changement physique sur le cheval. Les fins observateurs, ceux, qui souvent, ont adopté le travail au sol me répondront que c’est faux, qu’on peut voir des changements physiques sur un cheval qui est travaillé au sol : un cheval moins tendu, des yeux plus calmes, des oreilles moins frivoles, des lèvres moins pincées, des allures plus fluides… Mais la plupart des gens ne remarquent pas ces petits changements subtils, ce n’est pas assez évident!
Le travail au sol, parlons-en!!! Il apporte en effet des bienfaits physiques et psychologiques et il est important de savoir à quel point ce travail est important dans le développement d’un cheval! J’exclus du travail au sol le fait de longer un cheval, ce type
de travail n’est adéquat que lorsque l'on doit remuscler un cheval après un problème de santé, lorsque l'on a un problème de "fitting" de selle ou lorsque l’on ne peut monter son cheval pour X raisons et qu’on doit le garder musclé… Sinon vous pouvez le travailler vous-même sans avoir recours à de quelconques artifices pour le forcer à s’arrondir, je préfère de loin prendre le temps de lui apprendre moi-même, avec mes simples petites mains qui sauront le guider sans le forcer! Pour ceux qui me diraient que longer un cheval avant de le monter lui permet de brûler son énergie, je dirais ceci : c’est faux! Vous allez simplement le rendre plus endurant et il vous sera de plus en plus difficile de le « calmer ». Tourner en rond est un travail vide, sans aucun sens! Vous n’avez pas besoin de fatiguer votre cheval avant de le monter (et entre nous s’il est fatigué comment voulez-vous qu’il mette son énergie dans le travail par la suite…) vous avez besoin de le concentrer, de préparer son mental pour le travail qui viens, pour que son cerveau soit prêt à recevoir toutes ces nouvelles informations. Lorsque vous défoulez un cheval avant de le
monter, son cerveau est en mode jeu, en mode excitation… vous posez ensuite vos fesses sur votre selle et exigez de lui qu’il ne soit le parfait petit élève calme et concentré, alors que vous venez tout juste de faire montrer son énergie et l’avez mis en mode excitation… Trouvez-vous cela logique? Si votre cheval a accès à un pré avec des congénères, je ne vois pas pourquoi il aurait besoin de se défouler avant de travailler, il peut très bien le faire par lui-même avec ses copains au pré… Si votre cheval n’a pas accès à un pré tous les jours, alors faite en sorte que ça change, vous ne pouvez exiger de lui qu’il soit parfait et concentré alors qu’il n’a même pas la chance de dépenser son énergie et de jouer tous les jours. Le seul moment où il pourra enfin se dégourdir les pattes ce sera dans vos séances de travail, alors ne vous demandez pas pourquoi il en profite pour s’amuser un peu!



Revenons-en à nos moutons! Les bienfaits du travail au sol sont nombreux, maintenant que je vous ai expliqué pourquoi longer un cheval ne fait pas partie de ce que j’appelle le travail au sol, j’aimerais vous parler de ses nombreux bienfaits. Ce type de travail à
comme avantage de pouvoir être commencé très jeune, voire dès la naissance (non, pas besoin de licol ou de longe pour commencer à travailler un poulain au sol, notre simple présence, un petit coup de brosse, quelques objets étranges présentés ici et là constituent du travail pour un poulain), il prépare le jeune cheval au travail en selle tout en douceur en lui apprenant les codes importants dès le plus jeune âge (cela aura pour effet de diminuer de beaucoup son stress face à cette étape importante de sa vie), il permet également d’enseigner de nouvelles choses au cheval en étant au sol, ce qui l’aidera à comprendre plus rapidement une fois en selle, il prépare un cheval joueur et exubérant au travail sans pour autant le contraindre ou le frustrer, il nous permet de travailler avec un vieux cheval qui serait devenu un peu trop vieux pour supporter quelqu’un sur son dos, bref le travail au sol peut suivre un cheval toute sa vie alors que le travail en selle ne sera qu’une
partie de sa vie. C’est un complément très important du travail en selle tout au long de la vie du cheval et un outil d’apprentissage formidable. De plus, il vous permettra de vivre plusieurs moments magiques lorsque votre cheval vous offrira une séance de jeu formidable, où il aura envie d’être avec vous et où vous aurez du plaisir tous les deux, sans pour autant être complètement déconnecté comme lors des séances de défoulements. Il voudra jouer avec vous et vous serrez connecté, son attention sera sur vous et le niveau d’énergie ne sera pas trop explosif, votre cheval sera donc dans le travail, mais dans un travail amusant pour lui aussi.
Lorsque vous travaillez au sol, vous avez aussi la possibilité de voir votre cheval, de voir ses mouvements, ce qui vous permettra de travailler sur la précision de certains
mouvements que vous pouvez sentir en selle, mais que vous ne pouvez pas voir. Il est possible de faire, en travaillant au sol, presque tous les mouvements que vous faites en selle. Vous pourrez également facilement voir son langage corporel, écoutez ce que votre cheval vous dit, cela vous permettra d’ajuster votre travail avec chacun des chevaux que vous allez travailler dans votre vie, car ils sont tous différents et ce qui peut être facile pour certains peut être très difficile pour d’autres. Misez sur les forces de chacun et respectez les limites qu’ils vous donnent, car ces limites ne sont pas fixes, elles changeront au fil de vos progressions, mais il est important de respecter ce que le cheval peut vous donner à cet instant!

 Le travail au sol et le travail en liberté vous aideront en selle bien entendu, mais vous aideront également dans vos manipulations de tous les jours : l’embarquement en remorque, récupérer votre cheval au pré, le pansage, les soins, les balades, le travail de dressage, les sorties en concours… Plus vous travaillerez votre cheval sur différents aspects (et pas juste venir et le monter), plus votre relation évoluera dans le bon sens et plus votre cheval trouvera son humain agréable.


mardi 8 décembre 2015

L'ère des chevaux en porcelaine



Certaines questions me viennent en tête depuis un petit moment, je ne remets pas en cause la médecine actuelle, mais je me demande si on l’utilise vraiment de la bonne façon. Nous avons beaucoup de plantes utiles dans la nature pour les affections bénigne et courante! Bien sûr, je sais que la médecine actuelle est essentielle pour beaucoup
d’affection plus grave. Je me questionne plutôt sur notre façon de traiter…
plaie mineure ne nécessitant qu'un peu de cotivet
et gardée à l'air. Guérison en 2 jours

On traite souvent en prévention, alors qu’on n’est pas vraiment certain que le cheval en aura besoin… Du coup, on traite aux antibiotiques, alors que le cheval n’a peut-être rien… Est-ce vraiment l’aider? Chez l’être humain, on ne donne pas d’antibiotique avant qu’il y ai une infection… On en donne seulement au besoin! Parfois je me demande… Plus on traite, plus j’ai l’impression qu’on fragilise nos chevaux. Les antibiotiques à large spectre ciblent toutes les bactéries, celles du microbiotte naturel de votre cheval y compris. Ces bactéries qui sont bénéfiques et extrêmement importantes seront donc affectées par ces antibiotiques alors que ce n’était peut-être pas encore nécessaire d’en donner.
C’est une observation que je fais depuis quelque temps, ce ne sont pas des faits
plaie et enflure soignée aux huiles essentiels
et laissée à l'air. Guérison en 3 jours
scientifiques, mais bien des observations personnelles, plus les chevaux ont eu de traitement dans le passé, plus ils semblent fragiles aux affections par la suite… Ceci me fait donc me demander si à force de faire des traitements préventifs, on aide vraiment nos chevaux? Ou bien est-ce qu’on ne fait que rendre leur système immunitaire paresseux ou déficient? Je sais, par exemple, que la bonne gestion des vers devrait être faite au besoin. Si après un test fécal on décèle des vers, alors là, on devrait traiter avec la molécule adéquate pour cedit vers. Je sais que niveau coût ce n’est peut-être pas avantageux, mais bon! C’est aussi le cas des antibiotiques, plus on en utilise, plus on a de chance d’avoir des bactéries qui finiront par y être résistantes.
 Bref, je me demande, est-on obligé de traiter tous les moindres petits bobos comme si notre cheval était sur le point de la septicémie? Nous savons que les produits vétérinaires sont concentrés et sont faits pour « attaquer » quand nous en avons besoin. Pour certaines affections mineures, je dirais qu’ils sont peut-être trop forts. C’est très difficile sur l’estomac, les reins et le foie, alors pourquoi demander à ces structures beaucoup d’efforts quand ce n’est pas obligatoire? La définition de la médication est un empoisonnement contrôlé (pas de panique, elle est très bien contrôlée) et donc lorsque
plaie nécessitant des points de sutures et des
antibiotiques
ce n’est pas nécessaire pourquoi y aller avec la « dose d’attaques »… et quand on aura besoin de la « dose d’attaques » pour de vrai, fonctionnera’elle encore? De plus, si on surtraite les chevaux, comment peuvent-ils se construire une immunité?
Pour les petits problèmes mineurs, petite coupure, petite pourriture de fourchette, etc. Certains trucs « de grand-mère » fonctionnent très bien! Bien sûr, la réponse à ces traitements sera peut-être beaucoup plus variable, tout ne fonctionnera pas forcément pour chaque cheval. Mais je dois avouer que je ne trouve pas ça déplaisant de faire des essaies avec les huiles essentielles, par exemple. J’ai beaucoup de plaisir à découvrir qu’est-ce qui fonctionne pour mes chevaux ou non. Bien entendu, je garde la blessure à l’œil et j’agis s’il y a le moindre signe que son état se dégrade, mais pour l’instant ça n’est jamais arrivé.  Parfois, je peux traiter une affection mineure seulement avec un traitement « naturel » parfois je l’utilise en complément de traitement (et il faut faire attention que ça n’entre pas en conflit avec le traitement principal). Par exemple, lorsque Mimi a fait sa lymphangite, j’ai utilisé des antibiotiques, mais aussi de l’argile verte avec un peu d’huile essentielle de menthe poivrée comme
lymphangite traité avec antibios
ainsi qu'avec argile. Enflure partie en
3 jours.
complément appliqué sur sa patte. L’enflure a diminué très rapidement. Pour Sonara, j’ai déjà eu une petite plaie qui avait le pourtour enflé sur 5cm de largeur. J’ai donc traité avec de l’huile essentielle de théier (tea tree) et de l’hydrothérapie tout en surveillant que l’enflure ne s’étende pas (ce qui aurait donc pu indiquer une lymphangite) après 3 jours, il n’y avait plus aucune enflure et la plaie s’est bien refermé. Certains produits, comme le cotivet, sont en vente chez le vétérinaire et son en fait des produits naturels très efficaces! Une autre petite anecdote (je sais que vous adorez ça), la jument d’une très bonne amie s’est ouvert le front et était très difficile à traiter. Ils n’ont pas pu recoudre la plaie et du coup elle était bien ouverte. Elle a donc reçu une dose unique de pénicilline et mon amie à continué ses traitements avec du miel (non pasteurisé très important), la plaie est restée propre, sans infection et a guéri très rapidement. Petit bémol avec le miel, l’utiliser lorsque la plaie est hors d’atteinte de la bouche de votre cheval… Petit fait vécu avec le cheval d’une autre amie MDR!
Bien entendues, lorsque la situation le demande, nous ne pouvons pas traiter une énorme lymphangite à coup d’huile essentielle ou une grosse infection purulente non plus! Mais une plaie fraiche, pas trop profonde, encore propre et sans infection peut être traité avec des produits comme le tea tree ou le miel et très bien guérir sans l’aide
Plaie n'ayant pas pu être suturée et ayant
requis un petit traitement d'antibio, quelques
pansements et ensuite laissé à l'air libre
d’antibiotique ou d’anti-inflammatoire! Bien sûr si vos doigts entrent en entier dans la plaie là c’est une autre histoire!!
On ne peut absolument pas se passer de la médecine moderne, mais je crois qu’il est possible de trouver un équilibre entre la médecine alternative et la médecine moderne, parce comme on dit par chez moi « trop c’est comme pas assez ». Si on peut éviter les traitements agressifs quand on peut les éviter, ils fonctionneront bien lorsque nous en aurons vraiment besoin! Ce serait aussi une façon plus responsable  de traiter afin d’éviter que les microorganismes deviennent résistants! Si nous arrêtons de surtraiter les chevaux ils seront peut-être un peu moins porcelaine. Traitons selon les besoins : blessures mineures; traitement mineur, blessure grave; traitement agressif!



** Je tiens à préciser que toutes les plaies ici présente ont toutes très bien guérit et n'on jamais laissées de cicatrice sauf pour celle du genou qui à laissée une petite cicatrice dû à l'emplacement (un genou ça bouge toujours) **
Voici une plaie n'ayant pas pu être suturée, qui à été traité avec une dose de pénicilline (durée d'action de 3 jours)puis ensuite traitée au miel
jour 1
1 semaine plus tard
1 semaine et 5 jours plus tard
aujourd'hui

samedi 21 novembre 2015

Évitez de perdre la tête, mettez une bombe



Lorsque j’ai commencé à monter à cheval, pratiquement personne ne portait de bombe dans ma région. Ça ne faisait pas partie de notre mentalité… Ou bien les gens n’étaient simplement pas éduqués à ce sujet. La région où je suis était pratiquement entièrement western et je crois que la bombe était plutôt vue comme un accessoire d’équitation
classique.  Pour ma part, je ne savais même pas ce qu’était une bombe a mes débuts, car je n’en avais jamais vue… Personne n’en portait. Ce n’est que plus tard que j’ai appris son existence.
Je me conte chanceuse de ne m’être jamais blessée sérieusement, puisqu’étant débutante, je suis tombée plus d’une fois. Une chance pour moi, Mimi faisait attention à moi et ne tentait pas de me faire tomber, mais un accident, ça peut n’importe quand. Une amie à moi est déjà tombée de cheval et a eu une commotion. J’étais avec elle, nous étions jeunes, nous trouvions la situation comique, mais maintenant nous savons à quel point ça aurait pu être grave. Elle s’est relevée étourdit et avait une mémoire à court terme d’environ 3 minutes… Toutes les 3 minutes, elle nous demandait ce qui venait d’arrivée! Par chance, ça n’a pas été trop grave et elle s’en est bien remise.
J’ai ensuite rencontré quelqu’un qui commençait à monter classique et qui avait donc été éduqué en terme de port de la bombe et qui m’a donc éduqué à mon tour! Elle m’a raconté des histoires de gens qui étaient morts à la suite d’un bête accident parce qu’il ne portait pas de bombe… J’ai donc demandé à mes parents pour avoir une bombe et après leur avoir promis que j’allais bel et bien l’utilisé, j’ai eu ma première bombe… Que j’ai fini par casser (alors que je la portais) quelques années plus tard! Je ne la mettais pas
100% du temps, mais au moins je la portais assez souvent! J’ai appris a apprivoisé le casque, ne plus le sentir et par être incapable de ne pas le porter… Quand je ne la porte pas, aujourd’hui, je me sens toute nue, je me sens vulnérable… Un peu comme si je ne portais pas de ceinture de sécurité en auto. Je sais que si un accident survient, j’ai beaucoup plus de chance de me blesser gravement sans ma bombe.
Je crois que c’est en dressant Sonara (c’est moi qui l’ai dressée de A à Z) que j’ai commencé à la porter tout le temps (aujourd’hui même avec un vieux cheval qui à tout vu je la porterais quand même parce que j’ai compris…). Nara ne m’a jamais fait de « crise » ou de bêtise, mais tout le monde me disait que dresser un poulain serait dangereux et que j’aurais des réactions de peur, etc. Ça ne m’est jamais vraiment arrivé, mais j’ai continué à la porter parce que je m’y étais faite, la bombe avait pris la forme de ma tête et je ne la sentais plus du tout! J’avais pris l’habitude de la porter et je ne me sentais pas bien sans elle.


Sont venues ensuite des expériences personnelles qui ont consolidé mon idée de porter ma bombe :
La première est survenue lorsque je montais Sonara dans la cour d’une ancienne pension. On n’avait pas de manège et donc je faisais le tour de la maison et de la cour
arrière. Ce jour-là, en tournant le coin de la maison, il y avait une de ses décorations de Noël gonflable, mais elle n’était plus gonflée! Du coup, on ne l’a vue qu’une fois dessus. Une grosse tache de couleur en plein milieu de la neige blanche et uniforme. Sonara a eu peur, évidemment elle a fait un écart. Le problème c’est qu’il y avait un petit monceau de neige juste à côté d’elle et elle a bien trébuché dessus. Elle est presque tombée à genou et moi je me suis retrouvée couchée sur son encolure. Elle s’est relevée presque immédiatement, mais a encore trébuché en se relevant. Cette fois je n’ai pas pu tenir et je suis tombé tête première sur la glace. Je me suis immédiatement relevée pour aller chercher ma jument parce qu’elle se dirigeait vers la route, mais j’étais étourdie et j’avais un peu mal à la tête… Par chance j’avais ma bombe et c’est tout ce que j’ai eu comme conséquence.

La deuxième fois, c’était il y a un peu plus de 2 ans. Une chute ridicule, mais qui a frappé fort! C’était le printemps et je profitais d’une détente au pas avec ma jument au retour de notre séance de cardio dans notre chemin de campagne. J’étais bien détendue (un peu trop) en profitant de la chaleur du soleil printanier. Je me détendais, je ne montais plus… Un morceau de neige fondante est tombé dans le fossé juste derrière nous « swoushhhh ». Sonara a eu peur et a fait une foulée de galop en rentrant les fesses, mais moi je n’ai pas suivi, je suis tombée à la renverse et en me sentant lui tomber
sur son dos Sonara en a fait une autre, alors je suis tombée à la renverse, le dos sur le sol gelé… Incapable de me relever. Sonara m’attendait, mais après plus de 5 minutes à essayer de me relever sans être capable elle a fini par suivre le chien qui retournait à la maison. J’ai donc appelé de l’aide pour que la proprio de l’écurie récupère ma jument et vienne me chercher. Après une ne visite au CLSC rien de cassé, mais il m’a fallu un bon 2 semaines avant d’être capable de bouger sans trop de douleur et j’en ressens encore les séquelles aujourd’hui! C’est lors de cette chute que j’ai cassé ma bombe au niveau de la nuque. Et après avoir ressenti la douleur de mon dos, je suis heureuse de ne pas avoir eu le même choc directement sur ma tête! Ma jument n’est pas partie en folle sans pouvoir s’arrêter, elle n’est pas non plus partie en coup de cul!  Je ne suis pas une mauvaise cavalière, j’ai pourtant une bonne assiette… Mais je n’étais pas attentive… Un petit moment de peur de ma jument combiné à de l’inattention de ma part et voilà! C’était vraiment tout bête!!
On entend souvent dire que la bombe « c’est laid », « ce n’est pas confortable », ou encore « mon cheval est gentil », « je suis vraiment trop bon cavalier »… Aucune excuse n’est acceptable! Les bombes sont de plus en plus jolies, avec de plus en plus de style pour répondre à tous les goûts.  L’aération est meilleure, elles sont moins chaudes
et elles sont bien rembourrées. Pour les habiletés du cavalier, même les meilleurs tombent et même les meilleurs meurent à cheval… Des cavaliers expérimentés qui font du concours complet de niveau 5*(le plus haut niveau) meurent parfois sur le parcours de cross. Il arrive encore de voir des cavaliers professionnels avoir de mauvaise chute en compétition même s’ils sont de merveilleux cavaliers. Et puis, le cheval si gentil… bien sûr qu’un cheval gentil n’essaie pas de vous faire tomber (il est rare qu’un cheval tout court ait du plaisir à faire tomber un cavalier, c’est un animal généreux et docile), mais même le plus gentil des chevaux peut tomber lui-même en trébuchant quelques parts! Même le plus calme des chevaux peut avoir peur et faire un écart… Si un chien lui passe entre les jambes en courant sans qu’il l’ait vue venir, il se peut qu’il ait peur… On ne peut jamais savoir sur quoi on va tomber. Que vous fassiez de la balade au pas, de l’obstacle, du baril, de la plaisance western ou de l’attelage, VOUS NE POUVEZ PAS PRÉVOIR L’IMPRÉVISIBLE.  Des gens meurent à cheval! D’autre ont de si sévère dommage au cerveau qu’ils doivent réapprendre à manger, parler, marcher et d’autre reste dans un état végétatif… êtes-vous prêt à vivre cette vie? Ou même à ne plus vivre du tout?
Soyez intelligent, soyez responsable, portez une bombe et montez jusqu’à ce que vous soyez très, très, très vieux!!!


samedi 7 novembre 2015

La dérive de l’équitation moderne




Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part j’ai remarqué que dès que l’argent et la compétition sont réunis, les résultats ne sont jamais très fameux pour les chevaux et qu’on tombe rapidement dans la démesure et la stupidité. Ne vous y trompez pas… J’ai eu le malheur de tomber aussi dans le piège et par chance un événement m’a fait
ouvrir les yeux bien grand et il était temps parce que j’aurais mérité une sacrée bonne gifle!! Dès que l’humain entre dans la zone compétitive, il ne peut s’empêcher d’essayer d’épater le voisin et d’en mettre plein la vue… Et comme nous sommes une espèce qui aime avoir tout, maintenant, nous sommes les plus ingénieuses pour trouver un moyen de tourner les coins ronds et d’accélérer les choses. Le problème dans tout cela, c’est que le cheval est un être vivant à part entière et que de ce fait, lorsque nous entrons dans ces techniques, il nous arrive très souvent de l’oublier dans tout ça et de lui manquer sévèrement de respect. Parce que là nous entrons dans la zone dangereuse… performer et gagner à tout prix! Et si le cheval
en paie le prix, tant pis… Il se reposera à la retraite ou bien on le vendra une fois qu’on l’aura bien entamé pour en acheter un tout nouveau, tout beau! On le traite comme une machine et non plus comme l’être vivant qui devra vivre avec les conséquences de nos actes. Oui, oui! Ces conséquences qui seront très souvent douloureuses et handicapantes pour le reste de ses jours… Et ça, c’est compté si une fois bien amoché on souhaite lui faire la fleur de s’occuper de lui, parce que là, il ne sert plus à rien et COÛTE de l’argent! Vous voyez où je veux en venir!? Le but est de gagner, peu importe si le cheval doit en prendre plein la tronche, il faut gagner des jolis rubans, faire des beaux sourires, serrer des mains, remporter de l’argent  et puis une fois le cheval un peu trop amoché et bien on changera pour un nouveau et on rangera l’autre aux oubliettes… Bon, là, comprenez-moi bien, je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde, mais c’est le gros danger qu’il y a lorsqu’on mélange compétition, argent et
orgueils! On le voit de plus en plus ces temps-ci avec tout ce qui se passe, des horreurs que l’on voit partout sur les terrains de concours. C’est encore plus évident maintenant que tout le monde est armé d’un téléphone intelligent et qu’on a des réseaux sociaux pour bien disperser la nouvelle! Parfois on prend des moments sur le vif qui ne sont pas représentatifs… Le cavalier a perdu le contrôle, on a filmé un petit 30 secondes ou prit une photo et là c’est l’horreur!!!!!! Mais c’est parfois une simple perte de contrôle passagère qui a fait faire une erreur de mains ou de jambe au cavalier… Ça arrive! Mais bon, quand on arrive au stade du rollkür pendant plusieurs minutes, des chevaux avec des allures
mécanisées, des chevaux avec la tête derrière la verticale tout le temps, des chevaux montés avant l’âge de 2 ans, des chevaux privés d’eau pour être plus calme lors du concours, des poids sous les pieds pour qu’ils relèvent plus haut, des queues attachées sur le dos pour qu’il se la tienne bien haute, des coups de mors dans les dents pour qu’il la garde sa satanée tête en place, de la tête attachée au maximum de hauteur pour qu’après il la tienne en bas sa tête… Alors là on entre dans la démesure, dans le tournage de coin rond, dans l’artifice et dans l’excès… Le CA$H… Il en faut… Le FRIC… Il en faut plus! Il faut bien gonfler son petit orgueil! Plus de victoire, plus vite, plus haut, plus fort, plus impressionnante… Plus! Plus! Plus et encore plus! Puis ça mène à des chevaux avec la langue bleue, des morts humaines et équines, des membres sévèrement blessés ou fracturés, des chevaux très sévèrement arthrosé à 10 ans… Mais ce
n’est pas l’humain qui souffre, la plupart du temps, alors qui est-ce que ça dérange? Ce n’est qu’un animal… Un animal ultra-sensible capable de sentir une simple mouche sur son pelage! Mais non, il n’a pas l’air de souffrir, ce n’est qu’une légère boiterie! Sur un animal se trouvant être une proie… Une proie blessée est une proie facile à attaquer! Le cheval ne montrera pas sa douleur à moins d’être trop insupportable pour la cacher. Mais où est-ce que l’équitation s’en va? Ce sont les chevaux aux allures mécaniques, ceux qui sont bien tenus serrés, qui ne démontrent plus aucune expression, de parfaits petits robots… Ce sont eux qui gagnent… Mais où s’en va l’équitation? Je me demande ce qui se passe aujourd’hui, quand tourner les coins ronds et user d’artifices devient payant… Il faut réellement que le ménage soit fait dans le domaine équin… J’ai cette drôle d’impression que le sport hippique est dirigé par l’argent plus que par l’amour de l’animal! Je parle de l’animal comme un être vivant doté d’émotions et de sensibilité. On dirait qu’on le traite comme une simple machine!

Mais les gens s’ouvrent les yeux, ils s’éduquent et commencent à voir 
ces problèmes! Alors peut-être que si la pression du public augmente pour un sport sain… Peut-être qu’on pourra voir des changements plus positifs, parce que ce sport, qu’est l’équitation, est un sport magnifique où l’on peut voir évoluer l’humain et l’animal ensemble! Mais voilà, je comprends qu’on interdise les harnachements trop sévères en concours… Ce que je ne comprends pas c’est qu’on interdise aussi les harnachements moins sévères que demandé… Ne serait-ce pas merveilleux de démontrer nos habiletés avec le moins d’action mécanique possible? Avec plus de légèreté? Plus de sensibilité? Espérons que cela vienne!


Souvenez-vous que dans le travail " Less is more"