lundi 16 mai 2016

Le travail d’imprégnation “Imprinting training” – bon ou mauvais ?




Introduction
Quand il s’agit de poulain, plusieurs techniques sont utilisées, aimées ou détestées… L’éventail des méthodes utilisées est grand et la créativité bat son plein. Cette créativité peut parfois être utilisée pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Il y a une grande préoccupation parmi les scientifiques et les comportementalistes équins à propos de la nécessité et de l’aspect éthique de nouvelles méthodes appelé « imprinting training », qu’on pourrait traduite par entrainement imprégnatoire ou travail d’imprégnation. Ce type d’entrainement gagne en popularité parmi les gens de chevaux et est rencontré de plus en plus souvent. La technique la plus populaire est celle de « Miller imprinting method », on retrouve plusieurs références à propos de cette méthode dans les revues scientifiques et c’est également celle qui est le plus souvent utilisée dans les écuries. Certains éleveurs pratiquent l’imprégnation, parfois sans vraiment le savoir, simplement en étant autour du poulain à sa naissance (en assistant la mère ou en vérifiant son état de santé par exemple). Ces deux facettes de l’imprégnation seront révisées dans ce papier. Il y a une tonne de croyances différentes quant a la véracité de faire de l’imprégnation ou pas, alors les scientifiques et les comportementalistes ont commencé à faire des recherches afin de savoir si ces techniques créaient vraiment de « meilleurs chevaux adultes » et surtout si cela améliore vraiment le bien-être du poulain comme promis par ces entraineurs.



Qu’est-ce que l’imprégnation ?
L’imprégnation est une période critique dans la vie de plusieurs animaux naissants, les poulains en font partie. Cette période se produit juste après la naissance, chez le poulain, on croit qu’elle se produirait pendant ses 48 premières heures de vie (McGreevy, 2012). Pendant cette période, le poulain est programmé, de façon innée, pour suivre le mouvement autour de lui (Miller, 2001).  C’est un instinct de survie, qui fait en sorte que le poulain va s’attacher à sa mère dès la naissance. Ce phénomène se produit naturellement, sans aucune intervention externe (William and al., 2002) et il est irréversible. C’est peut-être pour cette raison que les juments s’isolent légèrement de la harde lorsqu’elle pouline à l’état sauvage ; pour éviter toute interférence entre elle et son poulain lors de leur première rencontre. Cette étape est critique pour la survie du poulain puisqu’il a besoin de sa mère pour le protéger et le nourrir, mais également parce qu’il a besoin d’elle pour apprendre à vivre comme un cheval. Le poulain apprendra tout ce qu’il doit savoir auprès de sa mère ; quelles plantes sont toxiques, comment communiquer avec les autres chevaux, comment se toiletter mutuellement, etc. (Price, 1999). Si un poulain ne s’imprègne pas de sa mère, cela pourrait lui poser problème en grandissant, encore plus s’il serait un poulain sauvage, puisqu’il risquerait de ne simplement jamais avoir le temps de vieillir.



Les techniques de travail imprégnatoire
Avec la découverte de cette période critique chez le poulain nouveau-né, les entraineurs ont découvert que cela pourrait permettre de modeler le comportement du poulain très tôt dans son développement (Miller, 2001). Sachant cela, certaines personnes ont commencés a entrainer leur poulain dans cette période, utilisant plusieurs techniques pour réussir a avoir le comportement qu’il désirait. Ce type d’entrainement est acclamé pour produire de meilleurs chevaux qui seront moins réactifs aux divers stimuli de la vie et qui seront plus facile à dresser plus tard (William and al. 2002).
Le travail d’imprégnation n’est pas une « nouveauté » (Comme à peu près tout le travail dit « éthologique »), mais le Dr. Robert Miller à remis ces techniques en avant plan et les a popularisé à nouveau. C’est son approche qui est probablement la plus connu, aimé ou critiqué de nos jours. Dans sa méthode, l’entrainement commence dès que le poulain est sortie de sa mère, en le frottant partout ; dans la bouche, les oreilles, tout le corps, etc. Cela est fait en utilisant des stimuli qu’il rencontrera plus tard dans sa vie ; tondeuse, sac de plastique, taper sur ses sabots (maréchal ferrant), tapis de selle, etc. Dans sa technique, c’est même l’entraineur qui décide quand le poulain aura le droit de se lever (Miller website, 2013). Selon la procédure, une personne doit tenir et rassurer la mère, pendant qu’une seconde retient le poulain et qu’une troisième fait les manipulations sur lui. Cet entrainement doit être fait tout juste après la naissance puis répété à 12, 24 et 48 heures de vie pour être efficace selon le Dr. Miller. Il affirme que cela rendra le poulain plus soumis, plus sensible à la pression, plus désensibilisé aux stimuli externe et que cela va améliorer le lien entre l’entraineur et le poulain (Miler website, 2013)

Certains entraineurs sont plus discrets pendant cette période, en étant simplement près du poulain, voulant simplement familiariser le poulain à l’humain. L’accoutumance est un procédé selon lequel une exposition graduelle à un stimulus réduit la réaction du cheval à ce dernier (McGreevy, 2012). Plusieurs éleveurs le font tous les jours sans même le savoir, en venant manipuler le poulains pour s’assurer qu’il est en santé et en observant ses premières heures de vie pour s’assurer que tout va bien et que le déroulement normal des choses se produit. Lorsqu’un éleveur veut vraiment « imprégner » un poulain, il commence par manipuler la mère près du poulain. Si la mère est calme, le poulain apprend à être détendu à l’approche des humains (McGreevy, 2012). Dans ce type de méthode, le poulain apprend en observant l’humain interagir avec sa mère et, par curiosité, viendra découvrir ce que la personne est en train de faire. Cette dernière pourra alors présenter des objets au poulain, qui sera libre de se retirer s’il en a peur et sans toutefois être éloigné de sa mère.



Quels sont les bénéfices et les points négatifs de l’imprégnation
Parlons des bénéfices ; être présent tôt dans la vie d’un poulain rendra la présence humaine plus normale et moins stressante pour lui. Si l’humain est présent dans la période d’imprégnation, il deviendra un élément normal dans la vie du poulain, parce qu’il aura toujours fait partie de son environnement. Il comprend donc que ce n’est pas une menace pour lui. Si le poulain découvre l’humain plus tard dans sa vie, il deviendra une nouveauté qui aura besoin d’une désensibilisation progressive. Donc si l’humain est présent au moment de la naissance, il devient une partie de l’environnement normal du poulain ce qui facilitera la relation humain-poulain.



Du côté plus négatif, une imprégnation invasive peut interférer avec la relation encore fragile entre la mère et son poulain, ce qui peut être dangereux pour ce jeune équidé et peut même mener à des problèmes de comportement (McGreevy, 2012). La jument joue un rôle extrêmement important dans la socialisation et l’apprentissage du poulain nouveau-né. C’est elle qui lui apprendra les manières ainsi que les bonnes réponses aux signaux et aux menaces des autres chevaux. Ceci veut également dire que si le lien mère-poulain est compromis, le poulain pourrait être plus agressif  envers les autres chevaux (puisqu’il ne comprendra pas leurs signaux) ou alors il pourrait être trop « amie » avec son meneur et devenir trop amicale avec lui, jouant avec lui comme avec un autre cheval, ce qui pourrait devenir très dangereux (McGreevy, 2012). Cela pouvant aller jusqu’à de l’agression envers les humains, puisqu’il n’aura pas appris les limites du « jeu ». Comme discuté dans les sections de l’imprégnation, un poulain n’ayant pas été imprégné avec sa mère pourrait manquer de certains apprentissages vitaux tels que ; la sélection des plantes (celles a évités par exemple) en autre.

Des techniques telles que « L’inondation » (Flooding en anglais) sont également utilisées avec certaines méthodes d’imprégnation. Cette approche consiste à surexposer le poulain à un objet potentiellement effrayant ou a un stimulus désagréable jusqu’à ce que sa réaction disparaisse (McGreevy, 2002). Il est littéralement envahi par le stimulus sans pouvoir y échapper, la stimulation va cesser seulement lorsque le poulain arrêtera d’y réagir. L’inondation est une forme de désensibilisation, mais plutôt que d’être progressive, elle « inonde » le poulain avec le stimulus. Il est simplement présenté sans préambule et à sa « force » maximale. Par exemple, plutôt que de présenter une bâche au poulain, de le laisser la renifler et écouter le son qu’elle fait, le poulain sera simplement recouvert avec la bâche jusqu’à ce qu’il arrête d’y réagir, ensuite elle pourra être retiré, mais pas avant, peu importe a quel point il se débattra.



Les poulains ayant été exposés à cette méthode peuvent développer ce qu’on appelle de l’impuissance acquise (learned helplessness) très tôt dans leur développement. L’impuissance acquise se produit lorsque le poulain comprend que rien de ce qu’il peut faire ne pourra l’aider à éviter le stimulus désagréable, qu’il n’a aucun contrôle sur son environnement et qu’il ne lui reste qu’à ne plus rien essayer et à ne plus réagir à rien (Hall an al. 2007).  Rien ne peu plus l’aider, il va simplement se figer plutôt que d’essayer de s’échapper. Le poulain aura l’air calme et le stimulus sera donc retiré. Avec l’impuissance acquise, le poulain ne comprend pas qu’il n’y a aucun danger, il comprend simplement que rien ne pourra l’aider à éviter le stimulus, sauf de rester là sans bouger et attendre qu’il soit retiré (même si intérieurement, il sera très stressé et anxieux).

Une étude a démontré que l’effet de l’entrainement avant le sevrage n’est pas permanent, il est sujet à disparaitre. Ce qui veut dire que si le comportement n’est plus renforcé et travaillé, il peut cesser. Cette étude a démontré que l’entrainement d’un poulain avant le sevrage ne donne pas de meilleur résultat face à un poulain non manipulé (Willian and al. 2002). Cette étude prend en compte le rythme cardiaque (indicateur de stress) lors des tests ainsi que le temps qu’il faut au poulain pour accomplir la tâche qui lui est demandée. Si un poulain manipulé avant le sevrage était plus calme ou apprenait plus facilement qu’un poulain non manipulé, son rythme cardiaque ou son temps de complétion serait inférieur. Les résultats n’avaient présenté aucune différence significative entre les deux groupes.



Discussion
Les cavaliers et entraineurs devraient être très prudent lorsqu’il quand il est question de travail d’imprégnation ; il ne faut pas interférer avec le lien jument-poulain. Les techniques qui consiste à être le premier à toucher au poulain peuvent compromettre gravement ce lien encore très fragile entre la mère et son poulain nouveau-né. Les manipulations effectuées avec ces techniques doivent être répétés plusieurs fois pendant la période critique d’imprégnation. Cela peut sembler banale, mais le lien entre la mère et son poulain est « solide » de quelques heures seulement, il est encore très fragile à ce stade. Si le lien est compromis et que l’attachement du poulain à sa mère n’est pas assez solide, les conséquences qui en résulteraient pourraient être désastreuses, non seulement pour la survie du poulain mais aussi pour son comportement futur (McGreevy, 2012), puisque c’est la jument qui donnera les meilleurs enseignements à son poulain.

Une autre préoccupation pourrait être la façon dont le travail d’imprégnation sera fait. La technique Miller, par exemple, a des horaires d’entrainement et une structure très précise qui doivent être suivi à la lettre, sans quoi le succès de l’entrainement pourrait être grandement compromis. Si les étapes sont effectuées trop rapidement, elles peuvent stresser le poulain au point où rien ne sera appris, puisque le stress réduit les capacités d’apprentissages (Nicol C.J, 2012). Le manipulateur pourraient également sauter des étapes ou encore les effectués de la mauvaise manière. Il y a également un risque de mauvais timing lors du retrait des stimuli ce qui pourrait récompenser le poulain pour le mauvais comportement, ce qui serait plutôt contreproductif. Donc si les lignes directrices de la méthode ne sont pas respecté à a lettre, il y a de grandes chances pour qu’au final, ça ne fonctionne pas, ou pire, que ça cause plus de tort que de bien.

Une étude a démontré que les jeunes chevaux de 2 ans qui n’ont pas été manipulé ou qui ont été manipulé plus tard dans leur vie sont moins performant dans leurs apprentissages que les poulains ayant été manipulé plus tôt dans leur développement et  depuis plus longtemps (entrainé entre 6 mois à 2 ans) (Heird et al, 1986). Ceci dit, « tôt » s’est produit à partir de 6 mois lors de l’étude, ce qui coïncide avec le sevrage chez la plupart des poulains. D’autres études mentionné précédemment ont trouvé qu’il n’y avait pas de différence réel entre les poulains manipulés avant le sevrage et ceux manipulés après lors des tests d’apprentissage. Il n’y a donc aucune hâte et même pas de réel bénéfice à commencé l’entrainement d’un poulain très jeune (avant le sevrage). Les entraineurs qui font le travail d’imprégnation disent que ce travail rend les chevaux plus calmes et en font de meilleurs élèves, mais ces études ont démontrés le contraire.



La période d’imprégnation est vraiment courte chez le cheval et il y a une différence entre entrainer un jeune poulain et le travail d’imprégnation. Pour être appelé « imprégnation », cela doit se produire dans les deux premiers jours de vie d’un poulain. Une hypothèse est qu’un poulain qui est entrainé en imprégnation continue d’être entrainé par la suite jusqu’au moment du débourrage. Cela peut signifier que ce n’est pas le travail fait pendant la période d’imprégnation qui rend le cheval plus calme, mais le fait qu’il continue d’être entrainé de façon régulière et présenté à de nouveaux stimulus par la suite. Ce serait donc ce travail constant qui ferait que le travail effectué est retenue. Les études présentées plus hauts tendent à appuyer cette hypothèse. Il n’y aurait donc pas de réel avantage à travailler un poulain en « imprégnation », mais il y aurait plus d’avantage à travailler le poulain de façon progressive et constante lors de son développement, sans toutefois avoir besoin de commencer ce travail alors qu’il est encore un nouveau-né.



Conclusion
Être présent dans les premières minutes de vie d’un poulain est une bonne chose, parce que l’éleveur  doit s’assurer de la bonne santé du poulain, surveiller qu’il commence à se nourrir correctement, que la mère ne le rejette pas, qu’il évacue bien le méconium et ainsi de suite. Il doit aussi s’assurer que la jument se porte bien qu’elle expulse bien le placenta et qu’elle n’a aucune complication post-partum. Mais l’imprégnation devrait être laissée à la mère et nous ne devrions pas interférer dans ce processus, puisque plusieurs études ont démontré que ce n’était pas nécessaire pour avoir un meilleur poulain et qu’il est trop facile de le faire de la mauvaise façon.  Ces mêmes études ont démontré que les poulains ayant commencé leur entrainement après le sevrage ne sont pas moins performants dans leur apprentissage que les poulains ayant été imprégnés. Laissons la jument se lier à son poulain et lui apprendre tout ce qu’il a besoin de savoir pour vivre. Bien entendu, les gens doivent être présents dans l’environnement du poulain, ils doivent simplement s’assurer de ne pas interférer entre eux et d’éviter de les stresser pendant ces heures critiques. En prenant soin de la jument, le poulain sera naturellement curieux de venir voir ce qui se passe, l’éleveur pourra alors lui présenter ces outils et commencer à le désensibiliser doucement sans interférer dans la relation entre lui et sa mère, et ce, sans le retenir ou le forcer. En gardant le poulain auprès de sa mère, il y a moins de chance de faire obstacle à leur relation. De plus, sa présence peut aider à calmer le poulain. D’ailleurs, si la jument est proche de l’humain, le poulain apprendra aussi que l’humain n’est pas une menace et qu’il peut même être agréable d’être auprès de lui. Donc être présent auprès du poulain sans toutefois prendre la place de la mère en le faisant s’imprégner de nous plutôt que d’elle est une solution plus efficace et moins inquisitrice qui se veut tout aussi efficace, voire plus efficace.



Reference
         McGreevy, Paul, Equine behavior a guide for veterinarians and equine scientists, second edition, saunders Elsevier, 2012
         Miller, Robert, Fallacious studies of foal imprinting training, journal of equine veterinary science, volume 21, number 3, 2001
         William, J.L, Friend, T.H, Toscano, M.J, Collins, M.N, Sisto-Burt, A, Nevill, C.H , the effects of early training sessions on the reactions of foals at 1,2, and 3 months of age, department of animal science, texas A & M university, 2002
         Herd, J.C, Whitaker, D.D, Bell, R.W, Ramsey, C.B, Lockey, C.E, The effect of handling at different ages on the subsequent learning ability of 2-year-old horse, application animal behavior science 15, 1986.
         Miller, Robert, improper imprinting,http://www.robertmmiller.com/imim.html, 2013
         Price, Edward O., behavioral development in animals undergoing domestications,  applied animal behavioral science, department of animal science, university of California, 1999, Elsevier science B.V.

         Nicol C.J, equine learning: progress and suggestions for future research, department of clinical veterinary science, university of Bristol, Langford, UK. Elsevier science, 2002, P 204.

jeudi 12 mai 2016

Imprinting training in the newborn foal

** Voici un autre des travaux que j'ai fais dans le cadre de mon cours de "Equine Behavior" avec l’université de Guelph **



Introduction
When it comes to foal, many techniques are used, loved or hated! The range of methods is wide and creativity is on. Sometimes this creativity works for the best, sometimes it works for the worst. There is a major concert from equine behaviorist and scientist about the ethical aspect and the necessity of so called “imprinting training”. This kind of training technique is slowly gaining popularity among equestrian folks and is practiced more and more often. The most popular technique is the Miller imprinting method, many references are found about it in scientific paper and it seem to be the most practiced in equestrian facilities. Some breeders are doing imprinting, sometimes even without really knowing they are doing it, by being around the foal at birth.  Both of those “techniques” will be analysed in this paper. There is a loads of different believes about whether doing those type of trainings are beneficial or not, so scientists have started to do research to see if it really produce better adult horse and mostly, if it enhance the welfare of the foal. This is the question that will be studied here.



What is imprinting?
Imprinting is a critical period in a foal life. It comes right after the birth of the foal and this period is believed to last 48 hours (McGreevy, 2012). In this period, foals are innately programmed to follow whatever is moving around them ( Miller, 2001). This is a survival programming of the foal to attach to is damn early after birth. Imprinting occurs naturally, without any external intervention (William and al., 2002) and it’s irreversible. This phase is critical for the survival of the foal, as he needs is damn to protect him, but also to teach him how to be a horse. The foal will learn all he needs to know during the time he spends with his damn (which plants they need to avoid, how to communicate with other horses, how to groom, etc.) (Price, 1999), So if a foal does not imprint well with his mother this can become a problem as he matures, especially for feral horse.



Imprinting training techniques
With the discovery of this critical period in the newborn foal, trainers have found that this could allow to shape the foal’s behavior in an early stage in his life (Miller, 2001). Knowing that, people have begun to train foals in this period, using different techniques, to achieve the behavior shape they want in the foal. This type of training is claimed to produce better horses that will be less reactive to multiple stimulus later in life and will be easier to train (William and al. 2002).
 Some trainers are discrete during this time and just make sure to be around the foal, because they just want the foal to habituate to human. Habituation is a process where a gradual exposition of a stimulus decrease the reaction of the horse to it (McGreevy, 2012). Much breeders does it even if they don’t realise it, as they need to check if the foal is healthy and monitor his first hours of life to be sure everything is ok. When breeders really attempt to “imprint” the foal, they start by handling the mare around the foal. If the mare is calm, the foal will learn to be relaxed around humans (McGreevy, 2012). In this kind of method, the foal can learn by watching human interact with their damn and, by curiosity, come see and discover what humans are doing. Handlers can then show tools to the foal, but he is free to retreat and he is still with his mother.
Imprinting techniques is not a new thing (like almost every so-called “horsemanship” techniques), but Dr. Robert Miller had brought those techniques back and have made them popular again. His approach is probably the best known, loved or critiqued today. In his method, training starts as soon as the foal is out of his mother by rubbing the foal everywhere, inside the mouth and ears included, by presenting him stimuli he will meet later in life like clipping, taping on feet (farrier), rubbing with a plastic bag, saddle pad and so on, and even decide when the foal can rise (Miller website, 2013). One person needs to hold and reassure the damn, while a second person holds the foal and a third one does the manipulations to him. The Training needs to be done at birth, at the 12th, 24th and 48th hour of life to be effective according to Miller.  He claim that this will make the foal more submissive, more sensitive to pressure, more desensitized to sensorial stimulus and that it will enhance the bond between the foal and the trainer (Miller website, 2013).



What are de benefits and down sides of imprinting
On the good side, being present early in the foal’s life makes it easier for him to accept the presence of humans around him. If humans are present in the imprinting time, it becomes normal to the foal, because they always been around them, he haves habituated progressively to them and do not feel like they are a threat. If the foal discover humans later in life, they will be a new thing that will need desensitization and work. So on the opposite, if humans are present closely after birth, it will just be a part of the newborn foal normal environment and facilitate human-foal relationship.
On the down side, invasive imprinting can interfere with the mare-foal bond, which can be life threatening for the foal and can also leads to behavioural problem (McGreevy, 2012). Mare play a high role in the socialisation and learning of the newborn foal. She’s the one who will teach him manners and proper responses to threats and other horses’ signals. That also means that if the mare-foal bond is compromised, the foal can be more aggressive to other horses (as he didn’t understand other horses’ signals) or can be too “friendly” with handler and starts start to act more disrespectfully toward him (McGreevy, 2012). This can even lean to aggression toward human as well. As seen in the imprinting section, foal can miss important leaning, like food selection (plants to avoid) if the mare-foal bon is compromised.



Techniques like flooding are also used in some imprinting training methods. This approach consists in a over-exposure of the foal to a potentially fearful or aversive stimuli until the reaction disappear (McGreevy, 2002). He is literally invaded by stimulus that he can not escape, they will cease only when the foal will not react to it anymore. Flooding is a form of desensitization, but instead of desensitize progressively, the horse is just exposed to it right away. For example, instead of presenting a tarp to the foal, let him sniff it and ear the sound, the foal is just covered with it until he does not react to it anymore.


Foals who have been exposed to the flooding method can develop learned helplessness early in life. Learning helplessness is when the foal understands that nothing can be done to avoid a negative stimuli, that he has no control on his environment, so he just doesn’t react anymore (Hall and al. 2007). Nothing can help him, he will “froze” instead of trying to escape it. As the foal seems calm, stimuli will be removed. With learned helplessness, the foal does not understand that there is no danger, he just understand that he can’t do anything to avoid the stimuli except standing still and wait for it to be removed.


A study have shown that the effect of training before weaning are not permanent, it is subject to disappear, which mean that when a behavior is not reinforced anymore it can cease.  The study have shown that training a foal before weaning time didn’t give better results than when a foal have not been handled (Willian and al. 2002). This study looks at heart rates during the test and the time it takes to complete the task asked for the test. If handled foals were calmer or learn better than non-handled foals they would have lower heart rates or took less time to complete the task. Results have shown no significant differences between the two.



Discussion
Trainers need to be really careful when it comes to imprint training; they should not interfere with mare-foal bond. Techniques where the foal is first touched by human can compromise the mare-foal bond. Those manipulation have to be repeated multiple times during the first two days of the life of the foal. It may looks nothing, but the bond between the foal and is damn is only some hours long, that mean that it’s really fragile at this stage. If the bond is compromised and the foal didn’t really attach to is mare, consequence can be disastrous, not only for the survival of the foal but also for his future behavior (McGreevy, 2012), as she is the one who will educates the foal the best.
A concern can also be taught about the way people will do the imprinting training. The Miller imprinting technique, for instance, have really precise deadlines and structures to follow, if they are not followed the success of the technique can be highly compromised. If steps are done too fast this can stress the foal at the point where little or nothing will be learned, as stress decrease learning ability (Nicol C.J 2012). Steps may also be skipped or made in an inappropriate way. There is also a risk of bad reward timing with an inexperienced handler which mean that the foal could be rewarded for the wrong behaviour, as there is many session during the first two days of life of the foal. If a technique guideline is not respected properly there is a chance that it will not work, or worst that it will cause more bad than good.



A study have shown that young horses, of two years old, that were not handled at all or that were handled until later in life does worst in learning task than foal that have been handled early in life and for longer time ( trained from six months to two years old) (Heird et al, 1986). This said, “early” occurred at six month in the study, which mean at usual weaning time. Other studies mentioned previously have found that there was no real differences between horse handled before weaning and those handled after weaning in learning task. So there is no hurry to start the training in a foal. Trainer that does “imprinting” claim that the horse is calmer and learn better, but studies exposed previously have shown that this is not true.



Imprinting is a really short period in newborn foal life and there is a difference between training of a young foal and imprinting training, because to be called “imprinting” training, it have to be in the first two days of life of the foal. Some hypothesis is that foals that are imprint trained continue to be trained after that until they are started under saddle. This can mean that it is not the training while imprinting phase that makes the horse calmer, but the fact that they are trained in a regular basis so that the learning are retained and the exposure to novel stimuli is constant. The study seen in the previous paragraph tend to support this hypothesis.


Conclusion
Being present in the first minutes of the life of a foal is a good thing, because breeder needs to be sure that the foal is healthy, that he start sucking, that his damn didn’t reject him, that he eliminates his first meconium, and so on. Also when looking at the damn, be sure she’s ok too and that she expelled the placenta and have no post-partum complication. But “imprinting” should not be performed as many studies have shown that this wasn’t necessary and it is easy to do a technique wrong. Foals that are trained after their weaning aren’t less trainable that those imprinted. Let the mare bond with her foal and teach him gently what he needs to know. People can be present around the foal for sure, they just need to be sure to do not interfere between him and his damn and to avoid causing stresses to them. By taking care of the damn, the foal will naturally come to see what happening, breeders can then present tools and start to desensitize the foal without retaining or force him. By keeping the foal with is damn there is fewer risks to interfere with their natural bond and her presence can also help reinsure the foal. If the mare is close to human, foal will also learn that human mean no threat to him and the calmness of the mare will help to keep the foal calm. So working close with the damn is a really good way to introduce the presence of bipeds in foal life.  



Bibliography

         McGreevy, Paul, Equine behavior a guide for veterinarians and equine scientists, second edition, saunders Elsevier, 2012

         Miller, Robert, Fallacious studies of foal imprinting training, journal of equine veterinary science, volume 21, number 3, 2001
         William, J.L, Friend, T.H, Toscano, M.J, Collins, M.N, Sisto-Burt, A, Nevill, C.H , the effects of early training sessions on the reactions of foals at 1,2, and 3 months of age, department of animal science, texas A & M university, 2002
         Herd, J.C, Whitaker, D.D, Bell, R.W, Ramsey, C.B, Lockey, C.E, The effect of handling at different ages on the subsequent learning ability of 2-year-old horse, application animal behavior science 15, 1986.
         Miller, Robert, improper imprinting,http://www.robertmmiller.com/imim.html, 2013
         Price, Edward O., behavioral development in animals undergoing domestications,  applied animal behavioral science, department of animal science, university of California, 1999, Elsevier science B.V.
         Nicol C.J, equine learning: progress and suggestions for future research, department of clinical veterinary science, university of Bristol, Langford, UK. Elsevier science, 2002, P 204.




vendredi 22 avril 2016

Renforcement et punition démystifions ces termes



Les termes punitions et renforcement sont souvent utilisés, mais sont très peu compris. Il règne une grande confusion sur la signification et l’usage de ces termes. Nous retrouvons les quatre termes suivants : renforcement positif, renforcement négatif, punition positive et punition négative! Les termes positifs et négatifs se voient souvent attribuer une connotation, les gens pensent que ces termes sont utilisés pour en décrire le sens moral. Et donc que cela voudrait dire que l’action est positive ou négative (bien ou mal). Négatif… ça sonne mauvais n’est-ce pas? Si vous pensez ainsi, vous êtes dans l’erreur! Ces termes ont été appliqués dans une simple intention mathématique. En terme positif +(on ajoute quelque chose) et négatif - (on soustrait quelque chose)… et non pas dans la notion de bien ou de mal, de mauvais ou de bon.

Renforcement
Commençons par parler du renforcement, car c’est ce terme qu’on entend le plus souvent parler de nos jours. Le renforcement est utilisé pour rendre un comportement plus probable, c’est-à-dire que lorsque nous utilisons le renforcement, nous voulons renforcer un comportement et faire en sorte que le cheval l’adopte.
Tout le monde se vante bien de travailler avec le renforcement positif, mais très peu parlent du renforcement négatif. Même si quelqu’un affirme ne travailler que dans le « positif », elle ne peut éviter le renforcement négatif, c’est impossible. Vous allez comprendre pourquoi sous peu!


Renforcement positif : Ce type de renforcement signifie qu’on ajoute quelque chose au cheval pour renforcer son comportement (positif = addition). Dans la plupart des cas, les cavaliers font ce type de renforcement en ajoutant une récompense comme une gâterie, une bonne gratouille, une pause pour brouter, etc. tout dépendant de ce qui motive le plus leur cheval. Le clicker training, par exemple, est une méthode qui utilise le renforcement positif (voir : http://hippi-que.blogspot.ca/2016/02/a-la-decouverte-du-clicker-training.html). On ajoute donc quelque chose d’agréable afin de motiver un peu plus le cheval à adopter ce comportement en mode « tu voies quand tu fais ceci, c’est payant pour toi ».


Renforcement négatif : Ce type de renforcement signifie qu’on retire quelque chose au cheval (négatif = soustraction). La plupart du temps, c’est la pression qu’on retire. La pression n’a pas besoin d’être grande pour être considéré comme un renforcement! Pour certains chevaux, un simple regard à un endroit stratégique ou encore le simple poids de notre corps peuvent être considérés comme des pressions. Ce n’est donc pas une question d’être « méchant » ou d’utiliser la punition…  Les gens confondent souvent renforcement négatif et punition, les punitions ont leur catégorie bien à elles! Même dans une équitation de légèreté, il n’est pas possible de ne jamais utiliser le renforcement négatif. C’est une simple question mathématique, on renforce le comportement en retirant une pression au bon moment (voir : http://hippi-que.blogspot.ca/2016/03/le-timing-evitez-de-vous-deregler.html). En mode « Tu vois? Lorsque tu te déplaces, je retire mon doigt » ou encore « Quand tu arrêtes, je relâche les rênes et tu es tranquille ».
J’aime utiliser les deux types de renforcement, je crois que c’est la meilleure façon de réussir! Si on reste dans la mathématique +1-1=0, si les deux types sont utilisés de façon égale, nous atteignons l’équilibre! Comme avec une balance à plateau, si chacun des plateaux contient le même poids, la balance est en équilibre.

Traduction et reproduction libre de la figure 4.10 de la page 94 du livre Equine Behavior
A guide for veterinarians and equine scientists, second edition, Paul McGreevy.

Punition
Lorsque nous parlons de punition, on pense tout de suite négatif et « méchant ». Pourtant, elle peut être utilisée d’une bonne façon qui ne porte pas atteinte au cheval et qui peut s’avérer utile, à l’occasion, pour changer des comportements dangereux par exemple. La punition est en effet utile lorsque notre but est de voir un comportement disparaitre. Bien que nous voyons la punition comme un terme négatif, voire agressif, ce n’est pas toujours le cas. Elle peut être utilisée avec délicatesse, dans une situation donnée. Dans le cas contraire, abuser de la punition peut être très néfaste et il faut savoir quand et comment l’utiliser. Mal utilisé, elle peut faire des dommages profonds chez un cheval.


Punition positive : la punition positive est une réponse à un comportement non désiré, nous ajoutons quelque chose en réponse à une action du cheval. Cette fois contrairement au renforcement, ce n’est pas une récompense, mais l’augmentation d’une pression ou une contrainte par exemple. Cela peut être l’ajout d’un stimulus désagréable sur la manche d’un blouson afin qu’un cheval qui tente de mordre rencontre cet inconfort et soit moins tenter de recommencer par la suite. Certains documents ayant pour but de corriger les problèmes de comportement chez les étalons reproducteurs utilisent parfois la punition. Lorsque l’étalon anticipe trop ce qui vient et qu’il commence à s’exciter bien avant d’entrer dans la zone d’accouplement, il peut démontrer des comportements dangereux. Une pression sèche sur le nez à l’aide de la chaine de la longe ou une petite tape sèche sur l’épaule à l’aide d’une cravache peut être appliquée afin de rendre ces comportements moins attractifs pour l’étalon. On parle d’UNE seule correction et non pas de plusieurs… Il est important de savoir faire la différence et de garder des émotions neutres, l’agressivité n’est pas la bienvenue.




Punition négative : La punition négative comme son nom l’indique doit retirer quelque chose au cheval. C’est un type de punition peu utilisé, car retirer un privilège chez un cheval ne marche pas toujours comme avec un enfant hihi! Par contre, elle peut être efficace chez un cheval agressif avec la nourriture, dès que le cheval démontre un signe d’agression, on retire la nourriture, dès qu’il est calme, la nourriture lui est retournée. Lorsque l’on gratte un cheval et qu’il commence à pousser contre nous pour se gratter davantage, on arrête de le gratter et on se retire. Cette punition n’est donc pas méchante, c’est une simple question de retirer un avantage au cheval lorsqu’il démontre un comportement qui n’est pas désiré! Tout simplement. Il peut alors faire le lien entre le retrait de la sensation agréable chaque fois qu’il démontre tel ou tel comportement.
Il faut toutefois être très prudent lorsqu’on utilise la punition. Un cheval qui aurait été punie trop souvent et pour tout et n’importe quoi sera un cheval qui n’essayera plus. Je m’explique : par peur de se faire punir, il ne tentera plus de trouver les réponses à nos demandes par essai et erreur. Comme il sait que s’il fait une erreur, il sera puni, il n’essayera plus. Un excès de punition peut donc nuire à l’apprentissage d’un cheval, le rendre nerveux, confus et inquiet. La punition n’est pas forcément un acte à condamner, mais elle doit être utilisée avec délicatesse, occasionnellement, et lorsque la situation le demande! Il faut également s’assurer que la punition est associée au comportement que l’on souhaite voir disparaitre, car il pourrait créer de belle surprise. Punir un cheval pour avoir fait tomber une barre en saut d’obstacle ne sera pas associé à la faute, mais sera associé à l’obstacle en général… Cela créera plus de tort que de bien. La punition peut également exacerber le comportement que l’on souhaite voir disparaitre, en cas de peur notamment. Punir un cheval qui se cabre parce qu’il a peur, lui fera encore plus peur et risque de faire empirer la situation.  Il faut donc être prudent et ne l’utiliser que lorsqu’elle est réellement requise. Tout est une question d’équilibre et de délicatesse.


Voilà qui, je l’espère, a pu clarifier un peu ces termes souvent rencontré, mais très peu compris! 


Source: McGreevy, Paul, Equine behavior, A guide for veterinarians and equine scientists, second edition, saunders elsivier

mardi 29 mars 2016

Le timing, évitez de vous dérégler!




Le timing est très probablement l’outil le PLUS important de toute votre boite à outils. Pourquoi? Parce que sans le timing, c’est le conflit assuré. C’est d’ailleurs la cause de nombreux problèmes et conflits avec les équidés. La principale façon dont apprennent les chevaux c’est par le conditionnement opérant (le cheval nous offre un comportement désiré, il est récompensé) et par le conditionnement classique (associer une réponse connue à une réponse inconnue pour avoir le comportement désiré), dans les deux cas c’est par conditionnement que le cheval apprend. Un lien de cause à effet simple, on impose une pression et s’il se déplace, cette pression s’en va, donc pour être récompensé, il doit se déplacer. Et si la pression se retirait trop tard? Et si la pression se retirait trop tôt? Et si elle ne se retirait jamais? N’oublions pas qu’un cheval fait un lien entre un comportement et une récompense lorsqu’elles sont séparées de 0,5 seconde ou moins… Ce qui veut dire qu’un manque de timing pourrait rendre le cheval confus ou frustré, car il ne comprendrait pas du tout ce qu’on attendait de lui! S’il est incapable de reconnaître la demande, car le retrait du stimulus n’est pas fait au bon moment, il ne saura pas comment y répondre.

Une demande claire, associée a cette réponse


Un mauvais timing peut récompenser un mauvais comportement si le stimulus se retire trop tôt. C’est souvent ce qui arrive lorsqu’un comportement non désirable apparaît chez le cheval : mordiller pour avoir des friandises, donner des coups de tête pour avoir de l’attention, mettre les oreilles en arrière pour avoir sa moulée plus rapidement, se frotter la tête sur son maître afin qu’il la lui gratte, etc. Au lieu d’attendre que le comportement cesse, le cavalier va céder et répondre aux désirs du cheval. Si ces comportements sont encouragés de cette façon, ils resteront et se développeront. Le mauvais comportement est alors récompensé, s’installera et deviendra encore pire avec le temps, car le cheval sait qu’il est possible d’avoir ce qu’il désire avec un peu d’insistance. Plus ce comportement sera installé depuis longtemps, plus il faudra de la patience pour le faire partir. Comme le cheval sait que son bipède finit toujours par lui céder, il sera très insistant, mais la fermeté sera la clef. Un non restera un non et le comportement finira par atteindre l’extinction (procédé par lequel un comportement qui n’est plus jamais récompensé finira par s’arrêter… Bon ou mauvais!).

La récompense est très importante lors du travail


Un mauvais timing peut aussi créer des comportements indésirables si le stimulus se retire trop tard! C’est aussi un cas classique qui mène un cheval à la confusion et la frustration. Par exemple : on demande au cheval d’arrêter en tirant sur nos 2 rênes, le cheval stoppe et on garde la pression… Le cheval ne comprend pas pourquoi la pression est encore là, il doit avoir donné une mauvaise réponse, il continue de chercher la bonne réponse, il recule, il reçoit quelques coups de cravache ou de talon, il se cabre légèrement, le cavalier est surpris, il relâche la tension des rênes… Le cheval a trouvé la réponse désirée, même si ce n’était pas la bonne, c’est celle qui lui a permis de mettre fin à la pression. Le cavalier ne comprend pas du tout pourquoi son cheval a fait ça et il perd un peu confiance, il tiendra son cheval encore plus serré la prochaine fois. Le cheval, lui, a enregistré cette réponse dans son répertoire et la donnera de plus en plus rapidement lorsque le cavalier fera la même séquence de comportements, il est même possible qu’à un moment le cheval n’attende plus la séquence complète avant de donner cette réponse. Encore une fois, plus le temps passera, plus la réponse s’encrera et plus il faudra de temps pour l’amener à l’extinction.



La seule motivation du cheval, c’est lorsqu’il obtient le retrait de la pression ou un ajout gratifiant (une pause, gâterie, des grattouilles au garrot… quelque chose de payant pour lui), c’est tout! C’est ce qui motivera un cheval tout au long de sa vie! Il ne fera pas les choses pour vous faire « plaisir » ou pour être « gentil », et ne fera pas non plus de bêtises simplement pour être « méchant » envers vous ou pour se « venger » de quelque chose que vous auriez fait, c’est un animal, un animal merveilleux, qu’on adore tous, mais c’est un animal et sa pensée n’est pas aussi complexe que la nôtre dans le résonnement. Il faut donc savoir ce qui motive le cheval et faire très attention de récompenser au bon moment afin d’éviter tout conflit ou confusion chez lui. Plus nous serons précis, plus il apprendra vite! Cette précision dans le timing demande du temps et de l’apprentissage de notre part, il n’est pas toujours évident de relâcher au bon moment, ou de relâcher au bon moment sans reprendre tout de suite. Car ça aussi c’est un défi, surtout avec les chevaux énergiques, c’est déjà difficile de relâcher la pression et encore plus de ne pas la reprendre, par peur de perdre le contrôle… Et pourtant… Véronique de Saint-Vaulry en parle d’ailleurs souvent dans ses livres, plus on tient un cheval énergique, plus il sera agité. Notre bon sens nous indique de le tenir, mais ça ne fait qu’empirer les choses. Parfois, il faut avoir confiance, souvent même, on en reste souvent surpris!



Le timing il y a moyen de le travailler, de le rendre plus précis, de le développer. Cela peut être avec des simples exercices au sol entre bipèdes, on se fait des séances entre copains où l’un joue l’animal et où l’on fait subir toute sorte de bêtise à l’autre afin qu’il ait des simulations convaincantes avec lesquelles travailler. Pour avoir un bon timing il faut aussi développer son sens de l’observation. Pour une progression efficace, il faut récompenser la plus petite des bonnes réponses au bon moment! Parce que si on prend de trop grosse bouchée du premier coup, on va perdre la motivation du cheval. C’est avec un bon sens de l’observation qu’on pourra détecter le plus petit pas dans la bonne direction! C’est aussi avec cela qu’on peut éviter bien des accidents, un cheval en apprentissage peut commencer par vouloir éviter la pression et se défendre, il faut surveiller les signes et agir avec la plus grande sécurité, même avec un cheval que l’on connait bien, car il reste un animal avec des instincts de survie qui peuvent prendre le dessus à tout instant! La prudence est votre meilleur allié pour continuer d’être auprès des chevaux encore longtemps.



Voilà pourquoi le timing est le plus précieux de mes outils (avec la patience en fait)! Sans lui la progression ne se ferait peut-être pas aussi rapidement ou encore pire, pas dans la bonne direction hihi! 


dimanche 28 février 2016

À la découverte du clicker training



Dans le cadre de mon cours de comportement avec l’université de Guelph, j’ai dû expérimenter le clicker training comme travail de recherche. J’utilise déjà abondamment le clicker dans l’entrainement de mon chien, mais très peu avec ma jument. J’ai toujours préféré utiliser la voie et le mot « ouiiiii » comme renforcement secondaire (on y reviendra plus tard). Bien que cette technique fonctionne très bien aussi, il faut tout de
en plein bavardage avec ma jument
très probablement un OUIIII :)
même s’assurer que le mot est toujours utilisé et dit sur la même intonation. Le clicker apporte une précision de plus pour indiquer au cheval le moment précis où il a effectué le bon comportement. Bref, je devais enseigner un tour à mon cheval et détailler mon expérimentation. Pour ce faire, je devais commencer par trouver un petit tour sympa, qu’elle ne connaissait pas déjà… En lisant dans mes livres, je suis tombée souvent sur "enseigner au cheval à mettre son nez dans un licol". Ouais, c’est sympa et utile, voilà ce que je vais enseigner. Mentalement j’ai établi un protocole d’étape à suivre avec ma jument, à la vitesse requise pour sa personnalité. Comme c’est une jument nerveuse, j’ai préféré prendre le temps de bien la rendre à l’aise à travers les étapes. Ensuite est venu le moment d’expérimenter la technique et d’observer les résultats. Puis il fallait mettre le tout dans mon papier. Beaucoup plus facile à dire qu’à faire, par chance une amie m’a grandement aidée à établir une façon logique de l’écrire, car le côté rédaction scientifique ne me vient pas encore naturellement! Alors voilà quel était le but de cet essai.

heureuse de sa récompense

Pour ceux qui ne connaisse pas encore le clicker, c’est un petit outil bien intéressant : une petite boite de plastique munie d’un bouton qu’on enfonce et qui produit toujours le même son. De cette façon, le signal est toujours le même pour le cheval, il ne peut être confondu. Le principe est assez simple, le clicker est un renforcement secondaire, c'est-à-dire que ce n’est pas lui qui renforce le comportement en tant que tel, il est simplement là pour indiquer que le renforcement arrivera d’une minute à l’autre. Le renforcement primaire c’est la récompense utilisée par la suite : carotte, pomme, gratouille, pause, etc. Pourquoi ne pas simplement utiliser le renforcement primaire alors? Parce que la fenêtre dans laquelle le cheval peut associer un comportement avec la récompense est très petite, 0,5 seconde pour être précis. Donc, si la main n’est pas à proximité de la bouche, l’association sera beaucoup plus lente, voire nulle. Le renfoncement secondaire sert donc à agrandir cette fenêtre. Lorsqu’on clique, l’indication que le comportement était le bon est donnée dans les 0,5 seconde requises pour l’assimilation et la récompense arrive tout de suite après. Voilà pourquoi le clicker est un outil bien pratique lors de l’apprentissage.

Une récompense que ma jument adore
une pause + brouter de l'herbe = parfait

Il faut aussi savoir que pour qu’un comportement soit acquis ou modifier il faut que le renforcement soit suffisamment motivant pour le cheval. Je m’explique, ne pensez pas qu’un cheval fait les choses pour nous faire plaisir, nous ne sommes pas si incroyables que cela… Si le cheval nous « aime » (on pourrait dire apprécier, on ne sait pas à quelle mesure l’amour existe dans le monde animal), c’est en partie parce qu’on lui sert à quelque chose : on le nourrit, on le soigne, on le sécurise, on en prend grand soin quoi… Mais pour qu’il ait envie de travailler, il faudrait qu’on trouve le meilleur moyen de le motiver, notre seule personne n’est pas vraiment suffisante. Certains motivent par la peur, le cheval obéira par peur de se faire réprimander, certains motivent par le positif (nourriture, pause, gratouille…) le cheval obéira par l’envie d’avoir cette récompense. Le cheval est une récréation et un bonheur pour nous et il faut devenir une récréation et du plaisir pour lui aussi! De cette façon, il aura envie d’apprendre et de travailler avec nous, car il en tirera quelque chose lui aussi. La motivation doit être extra payante, surtout si vous souhaitez changer un « mauvais » comportement. Jacinthe Bouchard dit que si le comportement à une grande valeur pour l’animal, la récompense qu’on offrira pour le comportement de remplacement devra être encore plus payante pour lui… Logique, mais on n’y pense pas toujours!
Une jument intéressée, volontaire, motivé
Et si il y avait quelque chose à gagner?

Des études ont démontré que le cheval apprend mieux lorsqu’il est travaillé avec du renforcement positif. Pourquoi? Parce qu’un cheval qui est travaillé dans la peur et la punition n’essayera pas de trouver la réponse de peur de donner la mauvaise et d’être puni. Un cheval travaillé de façon plus positive essayera d’ambler de trouver la réponse et du même fait, d’atteindre la récompense qu’il aura pour la bonne réponse. Je ne dis pas ici qu’il ne faut pas utiliser de renforcement négatif, au contraire, bien que le nom indique "négatif", ce n’est pas une mauvaise chose. Le renforcement négatif signifie seulement qu’on retire quelque chose lorsque le bon comportement voulu est offert (on retire souvent un stimulus désagréable sans pour autant être nocif pour le cheval), le renforcement positif quant à lui signifie qu’on ajoute quelque chose lorsque le cheval donne la bonne réponse (récompense, pause, gratouille…). Le renforcement positif ne peut être effectué pour absolument tout, parfois on a besoin d’un peu de négatif aussi et on peut les mélanger! Par exemple, on conduit le cheval en selle avec le renforcement négatif, sinon comment lui indiquer qu’on veut qu’il aille à gauche ou qu’il désengage ses postérieurs, une petite pression suffit, mais c’est une pression et c’est un renforcement négatif, mais lorsque le cheval fait bien on peut récompenser ensuite… Et donc mixer les deux types de renforcement. Ce qui aura pour effet d’avoir un cheval de plus en plus sensible et de plus en plus motivé! Le dosage voila ce qui fait le bon travail, le juste équilibre entre positif et négatif!
La demande est effectué par renforcement négatif (la badine simplement sur l'arrière des genoux)
La décompense => retirer la badine (renfo négatif) + ajouter une carotte (renfo positif)

Avec tout cela en tête, tous ces principes, j’ai essayé la technique avec ma jument. Mes 4 étapes étaient les suivantes :

1-Comprendre que le licol est l’objet clé
Au début, le cheval n’a aucune idée de ce qu’on attend de lui et donc pour lui faire comprendre que tout était à propos du licol, dès que ma jument passait sa tête près du licol je cliquais. Elle a vite compris que c’était le licol qui apportait les récompenses
2-     Toucher le licol
Pour consolider le fait que le licol est la clé, je ne récompensais que lorsqu’elle touchait au licol. J’ai souvent utilisé cette technique et donc ma jument à rapidement compris.
3-     Passer son nez dans les montants
Le nez d’un cheval est un outil précieux… Il ne le met donc pas n’importe où. Pour passer de façon progressive entre toucher le licol et mettre son nez entièrement dans la muserolle, j’ai préféré ajouter cette étape.
4-     Mettre le nez dans la muserolle
Pour cette option j’allais lui laisser la chance d’explorer vers la muserolle, mais si elle mettait trop de temps à comprendre le but, j’allais simplement placer un bout de carotte sous la muserolle et lui donner lorsqu’elle passerait son nez dedans!

L’expérimentation a bien fonctionné et nous avons eu des séances de 5 minutes sans plus! C’était assez rapide et les progrès étaient assez faciles à voir, ce qui était plutôt encourageant. J’ai dû utiliser la carotte pour attirer son nez dans la muserolle et j’ai fait l’erreur de ne pas répéter cette étape. Pour toutes les autres étapes, j’ai attendu qu’elle le fasse plusieurs fois et que je sente que l’étape soit bien acquise avant de passer à autre chose, mais pas pour la dernière. Je lui faisais passer le nez, puis je terminais là-dessus… alors cette étape était plus longue à acquérir. Maintenant, je la répète plus d’une fois pour une meilleure assimilation! Le travail est toujours en cours, j’aimerais arriver au point où je présente le licol et elle y met son nez direct, mais ça demande du temps et on continue de le travailler!
question et réponse
Expression positive, elle sait que cette manœuvre est toujours récompensée

Ce que j’ai bien aimé avec cet essai c’est la progression qui me donnait l’impression d’être sous forme de jeu. Je lui présentais la « question » et j’attendais qu’elle trouve la réponse. De cette façon, j’ai senti que ma jument avait le choix et qu’elle pouvait donc s’impliquer beaucoup plus dans le processus d’apprentissage, que je lui laissais de la latitude sur la vitesse d’apprentissage surtout. Comme elle est nerveuse, je ne dois pas sauter d’étape, en étant impliquée dans cette séance, elle pouvait clairement indiquer lorsqu’elle était plus à l’aise. J’ai aussi trouvé que ma jument était plus impliquée, je la voyais se questionner et réfléchir… Les chevaux apprennent à apprendre et cette technique leur permet de le faire. On leur demande de réfléchir et donc d’apprendre à résoudre des problèmes. J’ai aimé que ma jument soit plus détendue et qu’elle essaie vraiment, avec une expression positive, de comprendre la question, car la motivation était intéressante et elle voulait vraiment avoir cette carotte hihi! Bien entendu, je me demande comment je pourrais utiliser cet outil efficacement en selle! Car pour l’apprentissage de mouvement précis, il serait en effet très utile, mais entre tenir les rênes, être concentré sur les aides,  tenir le clicker dans ses mains et surtout cliquer au bon moment va demander beaucoup d’apprentissages, je vais donc continuer mes essais pour voir ce que ça donnera en selle! Pour le moment, j’ai recommencé à utiliser ma voix beaucoup plus en selle, mais j’ai envie d’essayer le clicker, car je trouve ça très intéressant. Bien entendu, je sais que le renforcement négatif doit aussi être utilisé et je ne le dédaigne pas du tout, car c’est aussi un formidable outil. Je crois que les deux types de renforcement se complètent à merveille et qu’il serait utile de les intégrer tous les deux à nos séances de travail. Tout est une question d’équilibre!