vendredi 13 février 2015

Débourrer un poulain… Attention, ça va brasser… OU PAS! L’histoire d’un dressage sans histoire.


Attention! Attention! Le fameux débourrage d’un poulain, une étape très importante à franchir qu’on décrit souvent de périlleuse. Un poulain ce n’est pas fiable, on risque d’avoir des réactions fortes, voire dangereuses!

Je dois aussi vous mettre en contexte… Je montais déjà sans mors et je comptais bien dresser ma pouliche sans mors… Première « folie » de ma part. Ensuite, ma jument est une Canadienne et cette race à très mauvaise réputation… On dit de ces chevaux qu’ils sont imprévisibles et peu fiables… Alors qu’en réalité ce sont des chevaux sensibles et intelligents, qui refusent les injustices… Voilà pourquoi, moi, je les aime tant! Ils m’indiquent gentiment, mais fermement, lorsque je vais trop loin. Bref, deuxième « folie ». De plus, je suis une cavalière n’ayant pas suivi beaucoup de cours, n’ayant pas les moyens… Et je souhaite débourrer ma pouliche moi-même… troisième « folie »… Je suis cataloguée… Je vais clairement finir blessée ou avec un cheval complètement indiscipliné!
De mon côté, je crois fermement qu’une préparation adéquate est la clef du succès lors d’un débourrage!  J’ai Sonara depuis sa naissance, je la travaille donc au sol depuis très
jeune et je la prépare doucement au débourrage. On s’amuse avec les tapis, je lui présente souvent la selle depuis qu’elle est petite! Bébé, comme elle est née en automne, je lui mettais un petit gilet de chasse tenue avec un polo, pour aller en randonnée, afin d’éviter qu’on la prenne pour un bébé Orignal… Faut parfois être créatif! Bref, j’essayais de la préparer à certaines choses qu’elle devrait voir et sentir pendant son débourrage et rendre le tout habituel et donc sans stress. Je la connais, je connais ses limites et on se fait confiance. Si vous avez le moindre doute, mais que vous tenez fermement à le faire vous-même, faites-vous aider par quelqu’un qui à de l’expérience pour être bien encadré. La sécurité est la priorité!!


premier trot avec un selle
Le fameux jour J, Sonara à un peu plus de deux ans et je veux simplement monter, faire quelques actions de bases et redescendre! On attache et sangle la selle pour la première fois et je la longe un peu histoire de voir sa réaction… Attention… On se prépare pour de l’émotion… RIEN! Elle est au trot et agit comme si elle avait déjà été sellée avant « no big deal »… Bon. Continuons, alors bombe sur ma tête, on grimpe… Sonara se demande bien ce que je fais là… Elle regarde mes jambes... J’utilise des commandes vocales qu’elle connait pour la faire avancer, mixer à la jambe afin qu’elle fasse le lien plus rapidement… Voilà… J'ai une pouliche Canadienne, de deux ans, montée pour la première fois, sans mors, qui recule, avance, tourne et stop. Quelle histoire! Pleine de… Joie. Je ne le dirai jamais assez… PRÉPARATION!!
Avec du respect, de la patience, du temps et de la préparation, voilà à quoi a ressemblé le débourrage de ma pouliche. Bien sûr, chaque cheval est différent, on est jamais à

Première fois dessus
l’abri de petits problèmes. Mais de là le point de la bonne préparation… Lorsqu’on ne saute pas d’étape, généralement, ça se passe en douceur. Lorsqu’on respecte les limites et qu’on demeure à l’écoute, les grosses réactions ne devraient pas apparaitre. Ces réactions sont, souvent, le résultat d’un manque d’attentions aux signaux que notre cheval essaie de nous envoyer… Il n’a alors plus le choix de s’exprimer très fort, car il n’en peut plus. Parfois on peut aussi simplement avoir un petit cheval coquin qui aime se jouer de nous… Mais encore une fois, une bonne préparation devrait grandement aider. Dans la préparation, le cheval apprend vos limites et vous apprenez les siennes, la communication s’installe et la transition du sol à la selle se fait beaucoup plus naturellement.
Comme le dit Pat Parelli, « Luck is when preparation meet opportunity »

Il faut garder en tête qu’un poulain n’est pas un adulte… Ni mentalement, ni physiquement. Un cheval devient physiquement mature à SIX ANS, peu importe la race… Il faut donc être très progressifs. Le corps doit se développer musculairement pour supporter le cavalier et de plus, les os supérieurs du corps ne commencent à se fusionner qu’entre 4 et 6 ans. Il faut donc laisser au corps le temps de s’adapter!! Et pour en ajouter un peu, mentalement, ils sont encore jeunes et immatures, il faut donc aussi leur laisser le temps de s’adapter à tout ce changement. Ils vivaient une vie tranquille, dans le pré, à se la couler douce et là, ça change du tout au tout. Mettez-vous à leur place. Soyez progressifs et compréhensifs, les chevaux sont des animaux pacifiques, s’ils réagissent violemment, ce n’est pas par plaisir… Il y a une raison, trouvez là!

Petite note : Par la suite on est resté sur des entrainements très légers des bases deux fois par mois et on a commencé à travailler un peu plus vers trois ans et le travail sérieux vers 4 ans. Histoire de la laisser se développer



2 ans et demi, quelques foulées de galop pour la première fois <3

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